• Chapitre 12

     

    CHAPITRE  12

     

    Je suis un peu arrivé en avance au parc. Le banc sous le kiosque était libre, j’allais m’y installer.

    Je songeais à cette journée. Beaucoup de choses s’étaient passées. Je savais maintenant que JD voulait Lize et cela depuis longtemps. Je m’en suis rendu compte à sa façon de nous observer au réfectoire. Ça ne va pas être facile pour Lize de construire une relation avec moi si son meilleur ami me déteste. Je ne veux pas lui en parler, je ne veux pas influencer son jugement. Elle prendra ses propres décisions si elle veut être avec moi. Comme pour moi, je vais surveiller mes arrières avec Evguénia. Elle prépare quelque chose mais quoi !

    J’entendais des pas dans l’allée, c’était elle. Pourquoi était-elle bouleversée ?

    Je me suis levé à son approche et je lui ai pris la main. Je me suis permis de me pencher vers elle pour déposer un léger baiser sur sa joue. A cet instant j’ai entendu son cœur s’accélérer et le mien également. Je voulais aller plus loin, toucher ses lèvres de ma bouche. J’ai soutenu son regard, elle en avait envie également. Je lui ai souri et je l’ai emmené s’assoir sur le banc. Si je l’embrassais maintenant je ne serais plus capable de lui parler.

    -          - Dure journée ? lui demandais-je.

    -          - Pas dure, mais particulière.

    -          - Je t’avais promis que tous se passerait bien.

    -          - Oui sauf que ton amie Evguénia n’a pas l’air de nous apprécier.

    -          - Ne t’occupes pas de ce qu’elle pense, elle est comme ça avec tout le monde. Mais ton ami JD n’avait pas l’air de nous apprécier, enfin de m’apprécier.

    -          - Je suis désolée, je ne comprends pas ce qui lui arrive. Il est plus sociable d’habitude.

    -          - Je crois qu’il est jaloux. Il n’apprécie pas que tu vois un autre garçon.

    Je m’étais pourtant dit que je ne lui en parlerais pas. Je ne veux pas l’influencer. Mais il me faut rester franc avec elle surtout si elle me pose des questions sur Evguénia.

    -          - Mais c’est mon meilleur ami. Je le considère comme tel et ça ne changera pas.

    -          - Mais lui il veut peut-être que la situation change ?

    -          - Tu sais je peux te dire la même chose sur Evguénia. Elle me jette des regards qui me glace le sang et elle te regarde très souvent.

    -          - Sauf que moi je le sais. Evguénia est amoureuse de moi depuis longtemps maintenant mais ce n’est pas elle qui m’intéresse.

    -          - Elle est pourtant belle.

    -          - Sans doute mais pas autant que toi.

    Je voyais à son regard qu’elle jugeait ce que je venais de lui dire. Avait-elle des doutes sur mes paroles ?

    Je la sentais troublée. Elle avait un tas de mélanges d’émotions. J’aurais tellement voulu entrer dans ses pensées.

    Elle regarde intensément mes lèvres. Si tu savais comme j’aimerais à cet instant que tu diriges les tiennes vers les miennes.

    Il faut que je me ressaisisse encore une fois. Avec elle je dois me contrôler tout le temps. Ecoute ton cœur et prend ton temps.

    Je lui ai souri il fallait que nous changions de sujet de conversation.

    -          - Tu n’as pas des questions à me poser cette fois-ci ?

    J’aime la faire rougir comme en ce moment.

    -          - Ah oui ! Mais tu les évites le plus souvent. Est-ce que tu peux me parler des ombres ? Est-ce qu’elles sont dangereuses ?

    -          - Je vais essayer mais il y a encore des choses que je ne peux pas te dire, que oui les ombres sont dangereuses mais elles ne peuvent pas entrer dans ta maison ou autre habitation. Tant que tu es à l’intérieur elles ne peuvent rien te faire. Les ombres représentent le mal. Elles te veulent du mal et j’en suis désolé.

    -          - Mais pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Elles me veulent quoi ? Ma famille est-elle en danger ? me demanda-t-elle un peu paniquée.

    Je n’aurais pas dû lui dire tout ça maintenant. Pourquoi j’ai eu le besoin de tout lui déballer.

    -          - Chut ! Calme-toi ! Ta famille ne risque rien, seulement toi. Pourquoi ? J’ai peur de ta réaction si je te dis pourquoi.

    -          - Je préfère savoir.

    J’hésitais. Je ne voulais pas qu’elle me fuit. Mais elle devait se préparer à ce qui l’attendait et rester sur  ses gardes. Je la regardais dans les yeux peut-être pour la dernière fois et ça me rendait si triste.

    -          - C’est à cause de moi, lui dis-je désespéré.

    -          - Quoi ? s’écria-t-elle. Quel rapport ?

    -          - Elles savent que je t’ai choisi et elles veulent te détruire.

    J’avais du mal à parler, je sentais ma voix tremblée.

    -          - Tu m’as choisi ?

    -          - Oui.

    C’est ce moment là qu’elle choisit pour poser délicatement sa main sur ma joue et me caresser le visage. Malgré toute la tristesse que je ressentais j’étais le plus heureux des hommes.

    Sa main m’électrisait totalement. Elle s’est approchée, je n’osais pas bouger, j’avais peur de me réveiller et de voir qu’elle n’était plus là. Et pourtant elle était là, elle me regardait, s’approchait encore jusqu’à ce qu’elle dépose un baiser sur mes lèvres.

    Ce que je désirais avait enfin eu lieu, notre premier baiser. Il fallait qu’elle sache que j’en avais autant envie qu’elle. Je mis mon bras autour de sa taille qui était fine et délicate et mon autre main je l’ai placé sur sa nuque sous ses cheveux qui me caressaient délicatement la peau. Je l’ai tiré vers moi, je voulais sentir son corps contre moi. Et je l’ai embrassé, pas un simple baiser, un vrai et long baiser. Doucement, délicatement pour commencer afin de voir si elle en avait autant envie que moi. Mais lorsqu’elle a mis ses doigts dans mes cheveux alors j’ai su que je pouvais me fondre en elle avec fougue cette fois-ci. C’était mon premier vrai baiser et j’avais vraiment aimé les sensations que ça me procurait ainsi que celles que ça procurait à Lize, surtout lorsqu’elle ouvrit la bouche et que nos langues s’effleurèrent.

    Nous étions essoufflés, nos regards ne se détachaient pas l’un de l’autre. Je venais de m’apercevoir que la nuit était tombée, il devait déjà être tard. Je savais qu’il était temps de se séparer mais je n’en avais pas envie. Je désirais rester avec elle. Elle s’est levée, moi aussi. Nous étions un peu engourdis d’être resté aussi longtemps assis.

    -          - Est-ce que je peux te raccompagner ? lui demandais-je d’une voix douce.

    -          - Oui si tu veux. De toute façon mes parents ne sont pas là.

    -          - Tu ne veux pas qu’ils me voient ? lui demandais-je tristement.

    -          - C’est pas ça. C’est que tu es le premier garçon qui me raccompagne chez moi. Je ne sais pas comment ils vont le prendre.

    -          - Et tu va leur dire pour moi ? Parce que je compte bien venir te chercher tous les matins.

    -          - Non ! C’est impossible ! Pas maintenant. Laisse-moi un peu de temps, et puis il y a Tess.

    -          - Mais Tess n’est pas un problème, elle continuera à faire la route avec nous. Mais c’est d’accord je te laisse un peu de temps.

    Seulement un peu de temps. Il va falloir que les autres prennent la voiture d’Aldaron. Il faut que je pense à lui en parler ce soir.

    C’est main dans la main que nous sommes sortis du parc. Elle regardait les rares personnes que nous croisions mais ils ne nous regardaient même pas. Nous arrivions près de sa maison, je ressentais sa tristesse, elle non plus ne voulait pas me quitter.

    -          - Tu sais j’ai encore beaucoup de questions sans réponses.

    -          - Le contraire m’aurait étonné. Je pense qu’il va falloir que tu patientes encore un peu. Je ne veux pas que tu t’inquiètes, je veux seulement prendre le temps de t’expliquer les choses. Je te demande d’avoir confiance en moi. Je peux te promettre qu’un jour tu sauras la vérité, il ne peut en être autrement de toute façon.

    -          - Est-ce que cette vérité te fait peur ? me demanda-t-elle.

    -          - Oui. Lize tu ne l’as peut-être pas encore remarqué mais je me suis très attaché à toi. Et la vérité peut t’éloigner de moi.

    -          - Je….. je ne sais pas ce que je dois te dire. Pour l’instant je ne sais pas toute la vérité. Bien sûr je me pose des questions et j’ai peur de ce qui peut se passer surtout depuis que tu m’as dit que j’étais en danger. Ne peut-on pas tout simplement profiter de chaque instant pour le moment, parce que…

    -          - Parce que…. ? lui demandais-je doucement.

    -          - Parce que moi aussi je suis très attachée à toi.

    Elle est attachée à moi. Je n’ai pas pu m’empêcher de lui sourire. Je pris son visage dans mes mains et je l’ai embrassé tendrement. Elle venait de me faire sans le savoir le plus beau des cadeaux. Elle est mienne, nos destins étaient liés maintenant et pour toujours. Et tout naturellement parce que c’était ce qu’elle était maintenant vu mon rang , je lui dis.

    -          - A demain ma princesse.

    Je me suis éloigné en écoutant son cœur qui battait la chamade. Il me fallait reprendre mes esprits autant d’amour pour quelqu’un était impossible et pourtant je ne regrettais pas d’être venu dans ce monde pour que mes rêves deviennent réalité.

    Je suis rentré, les autres m’attendaient pour le repas. Mon oncle a remarqué quelque chose car lorsque nos regards se sont croisés il a souri. Ce qui m’a fait pensé à ce que je devais lui demander.

    -          - Aldaron est-ce que les autres pourraient prendre ta voiture pour aller au lycée ?

    -          - Oui. Pour combien de temps ?

    -          - Euh…. Et bien pour un long moment j’espère. Je voudrais aller chercher Lize et son amie Tess.

    -          - Elles ne peuvent pas y aller à pied ? dit sèchement Evguénia.

    -          - Tes sarcasmes commencent à m’énerver, lui répondit Aldaron. N’oublies pas pourquoi tu es là et surtout n’oublies pas à qui tu parles. C’est la première et dernière fois que je te fais la remarque Evguénia. Jusqu’à présent je n’ai pas voulu m’en mêler mais là vois-tu, tu commences à aller trop loin.

    Elle demanda à mon oncle si elle pouvait prendre congé. Il accepta et on entendit une porte claquée.

    -          - Tu peux me dire à quoi tu pensais lorsque tu as accepté qu’elle nous accompagne ? Elle déteste les humains en général et Lize en particulier.

    -          - Je voulais qu’elle comprenne par elle-même que je ne pourrais jamais être avec elle et …

    -          - Et quoi ? Tu as encore beaucoup à apprendre mon neveu. Les femmes peuvent être de redoutables ennemies si elles sont poussées par la jalousie.

    Il nous laissa là tous les trois. Soren et Edwald ne disaient rien. Le silence était pesant.

    -          - Edwald je suis vraiment désolé. Je vois bien que tout le monde souffre à cause de moi. Si je pouvais revenir en arrière lorsque nous étions tous les quatre insouscients et heureux je le ferais.

    -          - Mais si tu le faisais tu n’aurais jamais rencontré Lize. Et je vois bien le changement que ça opère chez toi. Et puis je commence à apprécier ce monde. Pour Evguénia c’est moi seul que ça regarde tu n’y es pour rien.

    Nous nous sommes séparés tôt. Je pense que comme moi tout le monde voulait se retrouver seul dans sa chambre. Dans l’autre monde jamais nous étions seuls si souvent. C’est vrai que j’aimais me ressourcer dans ma cabane perchée en haut des arbres mais il n’y avait pas une journée où nous n’étions pas ensemble. Nous aimions ce monde, le lycée, les humains, c’était vraiment nouveau. Mais depuis que nous sommes ici nous recherchons de plus en plus la solitude. Je pense que c’est de ma faute, j’aime être seul pour pouvoir me connecter à Lize.

    Un coup retentit sur la porte de ma chambre. C’était Soren.

    -          - Je peux te parler ?

    -          - Oui. Tu sais bien que je suis toujours disponible pour vous. Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?

    -          - Et bien. Je voudrais savoir si je pourrais t’accompagner pour aller chercher Lize et Tess.

    -          - Voudrais-tu me voler ma petite amie par hasard ? lui dis-je en souriant.

    -          - Non. Tu sais bien qu’elle ne voit que toi. J’aimerais bien faire un peu plus connaissance avec Tess.

    -          - Je m’en doutais un peu. Mais tu as dû remarquer que Tess n’a d’yeux que pour Edwald.

    -          - Oui. Je sais, me dit-il tristement. Mais peut-être que si elle me connaissait un peu mieux.

    -          - Et bien je ne vois pas d’inconvénients pour que tu viennes avec moi.

    En voilà au moins un qui était heureux. Lorsqu’il est sorti de ma chambre il souriait bêtement. J’espère qu’il n’aura pas de déception, il y a trop de gens malheureux autour de moi.

    Après avoir pris ma douche, je me suis allongé sur mon lit, mes pensées vagabondaient encore vers Lize, vers nos baisers.

    Bizarrement je ressentais encore plus ses humeurs. Je pouvais presque deviner clairement ses pensées. Elle était anxieuse à ce moment. Elle voulait faire quelque chose qui l’a rendait nerveuse. Je fermais les yeux, j’essayais de penser encore plus intensément à Lize, jusqu’où pourrais-je aller. Ça y est j’y étais, elle voulait parler de moi à ses parents. C’était fascinant !

    J’étais vraiment pressé de la revoir demain au lycée. Pressé de pouvoir lui prendre la main et même la prendre dans mes bras.

    Je pris machinalement mon boitier, il y avait un message.

    J’ai parlé de toi à mes parents.

    Lize.

    Je ne voulais pas lui répondre oui je sais je l’ai vu dans tes pensées.

    Je pris mon bloc bleu et écrivit.

    Merci.

    Bonne nuit ma princesse.

    Je ressentais son cœur battre si fort à moins que ce ne soit le mien.

     


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