• Chapitre 19

     

    CHAPITRE  19

     

    Il faisait déjà nuit lorsque j’ai raccompagné Lize chez elle. Elle s’est blottie contre moi, elle avait du mal à me quitter. Je lui ai promis de ne pas être loin d’elle cette nuit, qu’il ne fallait pas qu’elle s’inquiète, je veillerais sur elle.

    J’aurais tellement voulu la suivre lorsque je l’ai vu rentrer dans cette maison vide.

    Si nous avons un avenir ensemble je la suivrais où elle ira même si c’est une université à l’autre bout du pays. Nous en avons un peu parlé et elle désire s’inscrire à celle qui se trouve à quelques kilomètres d’ici.

    Je me suis retrouvé marchant dans les allées du parc près de sa maison. Je préférais être avec elle mais marcher me faisait réfléchir et j’aimais beaucoup cet endroit. Etait-ce à cause des parfums ou bien parce que c’était le lieu de notre premier rendez-vous ? Sans doute les deux.

    J’aimais m’installer sur le banc sous le kiosque et me remémorer nos premiers baisers.

    Lize m’a dit que sa mère avait compris combien nous étions attachés l’un à l’autre. Elle ne comprend pas comment nous pouvons nous aimer autant alors que nous n’avons que 17 ans. C’était comme si nous étions des âmes sœurs. Je le sais que nous sommes des âmes sœurs, je l’ai su dès le premier regard que j’ai posé sur elle. Mais c’est encore plus fort que ça, personne ne peut comprendre à quel point notre amour est unique.

    Je pensais à elle et j’essayais de faire ce que je pouvais pour l’apaiser, pour qu’elle sente que je n’étais pas loin d’elle. Elle était tellement dans un état de bien-être que j’ai su qu’elle s’était endormie.

    Je commençais à me détendre lorsque j’ai vu le ciel s’assombrir. Les ombres approchaient, il me fallait aller chercher les autres.

    J’allais plus vite qu’eux et pourtant lorsque je suis arrivé devant la maison de Lize elles tournaient déjà autour, je les entendais griffer les carreaux. Lize était réveillée et elle avait peur. Les ombres essayaient d’entrer, j’espérais que nos protections ne tomberaient pas. Elles étaient plus fortes, je le sentais. Mon halo de lumière était intense et il me fallait tenir bon en attendant que mes amis arrivent.

    Il fallait que je  tienne les ombres éloignées de la maison. J’essayais d’étirer mon halo mais ça me devenait impossible surtout que maintenant elles en avaient après moi. J’espérais que mon oncle ne tarde plus à arriver j’avais besoin de leur aide. Elles me bousculaient, je savais que Lize ressentirait ma douleur. Aldaron, Soren et Edwald sont arrivés enfin. La lumière était dense mais elles en avaient encore après moi.

    J’étais maintenant agenouillé sur le sol il fallait que je protège Lize. J’ai fait en sorte que mon énergie m’enveloppe afin que je puisse lancer des protections supplémentaires sur la maison. Les ombres cherchaient à faire quelque chose. J’avais l’impression d’être pris au piège, elles nous testaient j’en étais sûr à présent. Pourquoi en avaient-elles après moi. J’ai compris en sentant la panique de Lize, elle me voyait souffrir et ne pouvait plus le supporter. Les ombres voulaient la faire sortir de la maison et c’est ce qu’elle fit.

    -          - Non ! criais-je. Rentre tout de suite. C’est ce qu’ils veulent. C’est un piège pour te faire sortir.

    Mais elle n’a pas eu le temps de faire demi-tour, les ombres lui barraient le chemin et s’étaient postées devant sa porte. Alors nous nous sommes tous positionnés autour d’elle, il fallait la protéger. Nous avons rassemblé nos énergies afin que notre lumière forme un dôme protecteur autour de Lize. Une chaleur bienfaitrice l’entourait et je savais qu’elle le ressentait. Il nous fallait faire fuir les ombres, il nous fallait utiliser la magie, nous n’avions pas le choix. Nous avons continué jusqu’à ce qu’elles aient toutes disparues.

    Puis ce fut le silence. Je me suis retourné vers Lize, elle était si épuisée qu’elle s’est retrouvé à son tour à genoux sur le sol. Je me suis précipité vers elle pour la prendre dans mes bras.

    -          - Ramène-la chez elle et prend soin d’elle, me dit mon oncle. Nous veillerons.

    Je savais que l’on était en train d’enfreindre les règles que nous avaient donné ses parents. Je l’ai déposé délicatement sur le canapé. Je lui caressais les cheveux, je savais que ça l’apaisait. Son cœur battait si fort. Je la regardais, ses larmes coulaient sur son visage. J’avais pris conscience avec elle du danger qu’elle risquait tous les jours à cause de moi et ça m’attristait.

    -          - Pourquoi es-tu sortie ma princesse ?

    -          - Les ombres t’attaquaient je ne pouvais pas le supporter, il fallait que je te rejoigne.

    -          - C’était un piège. Il voulait savoir à quel point nous étions attachés l’un à l’autre. Ils ont un plan, je le sens. Cette fois-ci j’ai été obligé de te quitter quelques minutes pour demander du renfort.

    -          - C’est à ce moment là que je me suis réveillée. J’ai senti que tu n’étais plus là.

    -          - Oui je sais. D’ailleurs il faut que l’on parle de certaines choses. J’ai omis de te les dire pour ton bien, maintenant je sens qu’il y a urgence. Je t’en parlerai demain lorsque tu seras reposée.

    -          - Oh mon dieu ! Que vont dire mes parents ? Les voisins…

    -          - Chut ! Calme-toi. Tes voisins n’ont rien vu, rien entendu. J’ai depuis longtemps fait le nécessaire pour que la magie protège cette maison donc tu n’as rien à craindre. Même si un voisin est sorti il n’a vu qu’une rue paisible sans personne à l’horizon.

    -          - Et tu peux faire d’autres tours que celui-ci ?

    -          - Oui, mais ça nous prend beaucoup d’énergie. On ne le fait que lorsque c’est nécessaire. Il n’y a que dans mon monde où je peux me servir de mes pouvoirs à longueur de temps car la nature nous ressource continuellement.

    -          - Tu sais que tu n’as pas le droit d’être ici.

    -          - Oui mais je t’ai dit aussi que je rentrerais si tu étais en danger.

    -          - Et je suis en danger ?

    -          - Oui. Tous les jours. Mais ils ne reviendront pas cette nuit.

    -          - Tu es sûr ?

    -          - Oui. Il voulait se rendre compte de certaines choses. Comme je te l’ai dit ils nous ont tendu un piège. Repose-toi maintenant on parlera demain.

    -          - Tu reste avec moi ?

    -          - Oui ma princesse. Je ne te quitte pas !

    Elle s’endormit dans mes bras et je lui transmettais ma force bienfaitrice enfin ce qu’il me restait et lui caressait les cheveux.

    Elle ne s’est même pas rendu  compte que je la transportais  dans sa chambre. Je me suis allongé près d’elle et j’ai regardé les lieux. C’était assez féminin mais sans chichi non plus. La pièce était petite et claire avec quelques pointes de couleurs. Elle lui ressemblait assez bien. Je regardais sur sa table de chevet sa boite à musique, je souriais. Lorsque je penserais à elle je saurais où elle se trouverait. Son odeur planait et elle était plus forte que lorsqu’elle venait dans ma chambre. Je me sentais bien avec elle. J’ai fini par m’endormir, j’avais perdu beaucoup de forces.

    Je n’aurais pas dû rester si près d’elle. J’aurais dû rester sur son fauteuil à côté de la fenêtre ou même en bas sur le canapé. Je m’en suis rendu compte lorsque j’ai senti sa main sous ma chemise. Je me réveillais, mes sens également. Je ne pouvais pas me contrôler, je frissonnais de plaisir. Elle le savait, elle me regardait intensément. Elle a déboutonné ma chemise tout doucement, caressé mon torse, s’est attardée sur ma marque de naissance. Pourquoi me fait-elle subir un tel supplice ? J’avais très envie d’elle et elle le devinait. Ses pensées étaient tellement explicites. Mon désir pour elle bouillonnait dans tout mon corps.

    Nous nous sommes embrassés avec fougue, plus rien ne comptait à part nous. Nos caresses prenaient des chemins inconnus pour elle comme pour moi. Nos cœurs battaient à l’unisson. Nos corps se mélangeaient à la perfection jusqu’à ce qu’ils ne fassent plus qu’un, enfin.

    Son corps frissonnait et bougeait au même rythme que le mien. Ses mains agrippaient mes cheveux. Ses lèvres cherchaient régulièrement les miennes. Nos regards étaient brillants de plaisir. Nos sens étaient remplis de ce désir nouveau.

    Je n’aurais jamais imaginé que ce moment soit aussi parfait. D’une voix rauque et pleine de tendresse je lui ai dit :

    -          - Tu es mienne à présent  ma princesse.

    Ses yeux, son corps, me désiraient encore, tout comme moi je la désirais aussi.

    -          - Je t’aime, me dit-elle avant de me tirer à elle afin que cette nuit ne finisse jamais et que nos corps se mélange à nouveau.

    Il faisait jour, nos doigts étaient enlacés. J’aurais dû avoir honte de m’être laisser aller mais comment ne pas résister à un tel appel amoureux.

    -          - Nous n’aurions pas dû ma princesse.

    -          - Pourquoi ? Tu ne voulais pas de moi sur ce plan-là ?

    -          - Oh si ! La preuve je n’ai pas pu résister bien longtemps. Mais je ne voulais pas avant d’être sûr que nous arrivions à aller au-delà de mon anniversaire.

    -          - C’est de ça que tu voulais me parler hier soir ?

    -          - Oui mais préparons-nous et je t’expliquerais au salon. Ici je risque de perdre mes esprits, lui dis-je d’un air espiègle.

    Elle s’est levée et s’est dirigée vers la salle de bain. Je sentais une douce chaleur s’y échapper. Je me suis approché, elle était si belle, si parfaite. Je lui ai caressé doucement le dos et lui ai déposé de tendres baisers. Elle savait que je la désirais encore. J’avais atttendu ce moment depuis si longtemps que je n’arrivais pas à être raisonnable.

    Le petit déjeuner terminé nous sommes allés au salon. J’avais remarqué quelque chose de surprenant sous la douche et  je ne savais pas comment lui en parler. Comment allait-elle réagir ?

    -          - Qu’est-ce qu’il y a ? Je sens ta tristesse.

    -          - C’est justement de ça que je veux te parler ma princesse. Plus nous nous rapprochons, plus nous ne devenons qu’un.

    -          - C’est normal. Tous les couples le deviennent.

    -          - Tu ne comprends pas. Je suis un elfe et toi une humaine. Et ce n’est pas une image. Pour nous c’est la réalité. Tu sais déjà que je ressens tes humeurs, que je peux t’apaiser. Mais maintenant ça va être dans les deux sens. Je sais que tu as déjà ressenti ça hier soir et c’est pour ça que tu t’es réveillée. Tu as senti ma peur de te laisser seule même pour quelques instants. Tu as senti le mal que les ombres me faisaient et tu t’es sentie obligé de sortir.

    -          - Si ce n’est que cela qui t’inquiète ce n’est pas grave. Je peux gérer.

    -          - Il n’y a pas que cela. Maintenant enfin depuis cette nuit, tu ne fais plus qu’un avec moi. Et si mon père prend possession de mon âme tu ressentiras tout le mal que je ferais autour de moi et le plaisir que j’aurais à le faire. Tu souffriras énormément. Oh non ! Qu’est-ce que j’ai fait ? Je m’étais promis de ne pas succomber !

    -          - Mon amour, je t’aime. Et je suis sûre que c’est cela qui nous sauvera. Ta mère a fait en sorte que tu puisses t’en sortir.

    -          - Je l’espère ma princesse. Il y a autre chose que je voudrais te dire. Dans le monde des elfes ce que nous venons de faire signifie que nous sommes mari et femme.

    -          - Quoi ? Tu rigoles ? Nous sommes trop jeunes.

    -          - Pas dans mon monde. Et puis il y a une chose qui le prouve, lui dis-je enfin tout bas.

    -          - Euh ! Tu me fais peur ! Je vais me transformer en elfe avec de longues oreilles pointues.

    -          - Non, lui dis-je en riant. Ne t’inquiète pas les oreilles ce n’est qu’une légende.

    Elle était heureuse de m’avoir fait sourire enfin.

    -          - Alors ?

    J’avais peur de sa réaction mais je ne pouvais pas faire machine arrière. Il fallait qu’elle le sache maintenant et par moi.

    -          - Tu as dans le bas du dos un tatouage représentant la marque de la famille royale de mon peuple. Je l’ai vu sous la douche.

    -          - Quoi ? Mes parents vont me tuer !

    -          - Je suis désolé mais c’est la preuve que nous sommes mariés. Cette marque prouve à tout le monde que tu es mienne. Et que l’on a fait l’acte nuptial.

    Elle courut vers le miroir qui se trouvait dans l’entrée. Elle voulait vérifier par elle-même que je ne blaguais pas. Elle a soulevé son pull et l’a regardé. Elle se demandait comment elle pourrait le cacher à ses parents. Je l’ai rejoint, je caressais le tatouage du bout de mes doigts. Ce que j’ai ressenti à ce moment était plus de la fierté que de la honte. Comment était-ce possible ? Comme cette marque était apparu sur une humaine. Je pris conscience qu’elle était ma femme et j’aimais cela. J’avais envie d’un avenir avec elle, de fonder une famille. Je savais qu’elle ne m’en voulait pas et j’en étais heureux.

    -          - Est-ce que je dois savoir autre chose ?

    -          - Pas pour l’instant. Mais je ne sais pas ce qui va se passer. Je comprends au fur et à mesure de ce qui arrive. Je ressens les choses. Je ne connais personne comme nous. De part ma naissance je suis déjà quelqu’un d’exception pour mon peuple et c’est une première dans toute l’histoire des elfes que quelqu’un comme moi soit marié avec une humaine.

    -          - Tu ne pourrais pas garder pour toi le fait que l’on soit marié ? J’ai beaucoup de mal à le concevoir alors le dire à quelqu’un….

    -          - Tu regrettes ?

    -          - Non. J’en avais peut-être encore plus envie que toi. Et c’est ma destinée de ne faire qu’un avec toi.

    -          - Il faut que je rentre. Tes parents ne vont plus tarder et je ne veux pas te mettre dans l’embarras.

    -          - Oui ce serait gênant. Mais je ne pourrais pas non plus oublier cette nuit et ce soir tu vas me manquer.

    -          - Hummmm…. Je crois que tu vas faire des rêves très intéressant.

    -          - Mais peut-être que les tiens vont me plaire puisque je suis liée à toi, me dit-elle en rougissant.

    -          - Oh ! Je n’y avais pas pensé, lui dis-je en l’embrassant. Demain matin je passe te prendre comme d’habitude. Je t’aime ma princesse.

    Il y avait un changement en moi, les autres l’ont bien senti lorsque je suis rentré. J’étais troublé et je craignais pour notre avenir mais j’étais heureux et je crois que ça se voyait. S’étaient-ils rendu compte de ce qui s’était passé cette nuit. Lize était devenue ma femme et plus personne n’y changerait rien.

    Allongé sur mon lit je  vivais les pensées de Lize. Elle avait peur mais lorsqu’elle regardait son tatouage dans le miroir de sa chambre son regard était plein de fierté et ça me comblait.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :