• Chapitre 58

    Tout s’est passé si vite finalement.

     

    Nous avancions tout doucement en essayant de ne pas trop faire de bruit. Le vent dans les arbres nous donnait l’impression qu’eux aussi nous encourageaient. Plus j’avançais, plus ma tête me faisait mal. A la lisière de la forêt j’ai été pris de vertiges et Soren m’a soutenu pour que je ne tombe pas. A l’oreille il me demanda ce qui n’allait pas.

    -          - Maximilien, on le torture encore, chuchotais-je. Et plus j’avance et plus j’ai l’impression que c’est moi que l’on torture.

    -          - Respire calmement, fait appel à ce qui t’entoure et bois ça, me dit Edwald. C’est une potion que ta grand-mère a préparé. Elle s’est doutée de ce qui pourrait t’arriver.

    Comment en étais-je arrivée là ? Il y a quelques mois je ne pensais qu’à ma dernière année de lycée, mes journées avec Tess et JD, des différents choix d’université qui s’offraient à moi, la cafet…. Aujourd’hui je vais me battre pour libérer celui que j’aime et je ne suis plus humaine à cent pour cent.

    La potion commençait à faire effet et j’étais prête à continuer. Nous avancions à découvert maintenant et d’un instant à l’autre les ombres détecteront notre présence. J’ai toujours aussi peur mais je me sens tout de même plus forte.

    Un bruit nous fit nous retourner brusquement. Edwald et Soren se sont rapprochés de moi afin de me protéger. J’ai remarqué le reflet brillant  d’une lame à leur main. Une épée ? Mais comment avaient-ils fait pour transporter cette arme, je n’avais rien remarqué jusqu’à cet instant. Je ne m’étais  jamais posée la question du comment détruire les ombres. Pouvaient-elles mourir d’une blessure ? La seule chose que je savais c’est que la lumière des elfes les repoussait.

    Soren me demanda de rester calme, de ne pas utiliser mon énergie en faisant apparaître la lumière. Encore une fois il fallait que je vide mon esprit, ils ne devaient pas encore savoir ce que j’étais devenue. Il a remarqué que j’avais posé mon regard sur les épées et a pris le temps de me dire que les ombres si elles voulaient se battre, elles devaient se matérialiser en démons et que c’est seulement sous cette forme qu’ils sont plus vulnérables. Edwald tournait autour de moi, à l’affût. Les ombres ont surgi ils étaient quatre. Elles ont plongé sur nous, Soren et Edwald faisaient apparaître leur halo de lumière mais elles arrivaient cependant à nous projeter à terre à tour de rôle.

    J’ai vu que je n’étais plus qu’à deux mètres de l’entrée et j’ai couru pour franchir enfin la porte. Soren a réussi à me rejoindre. Nous ne pouvions pas  attendre plus longtemps Edwald, il nous fallait avancer.

    Nous n’avons rencontré personne au ré de chaussée. Il fallait chercher le passage pour descendre dans les caves.

    A l’extérieur, les choses bougeaient. Il y avait beaucoup de bruits. Nous entendions le hurlement des loups. Mais impossible pour nous de savoir exactement ce qui se passait.

    Edwald ne nous avait pas encore rejoins.

    Au bout d’un couloir nous avons trouvé une porte cachée derrière un rideau. Soren m’a demandé de me concentrer sur Maximilien, il faudrait le retrouver rapidement, notre lien nous guidera vers l’endroit où il était enfermé. Nous sommes descendus tout doucement afin de ne pas faire craquer les escaliers. J’ouvrais mon esprit et appelais Max. Il ne me répondait pas. Pourvu qu’il soit toujours en vie. Je ne savais pas pourquoi je me posais cette question car si il était mort je l’aurais ressenti  j’en suis persuadée. Pourquoi ne répondait-il pas ? Je n’entendais que mon cœur battre très fort dans ma poitrine. J’ai essayé de respirer plus calmement. Quelque chose m’attirait dans une direction bien précise et me suis arrêtée devant une porte en fer.  Il y avait la clef à l’extérieur et Soren a tenu à entrer en premier. Je le suivais de près, dans la pièce il y avait une légère clarté dû à une grille en haut du mur du fond. Quelqu’un était là, agenouillé au sol.

    -          - Maximilien, m’écriais-je en me précipitant vers lui.

    Mais je fus rattrapée par quelque chose ou quelqu’un qui m’agrippa violement d’une main et de l’autre m’appuyait un poignard sur le côté de ma gorge. Maximilien se redressa rapidement. Soren se positionna près de lui. J’entendis ce rire à mon oreille, et je reconnus Evguénia. Elle avait l’air beaucoup plus démoniaque que dans mes souvenirs.

    -          - Tiens, tiens, la jolie petite humaine a cru être plus forte que moi. Tu es bien courageuse ! Mais je suis désolée tu ne peux pas repartir avec Maximilien. Justement il voulait te dire que tout était fini entre vous, que tu n’avais été qu’un petit divertissement pour lui.

    J’étais terrifiée, je regardais Maximilien. Lui aussi était terrifié, je le sentais.

    Je savais que je pouvais mourir d’un instant à l’autre. J’espérais juste qu’Evguénia est un moment de lucidité et hésite rien qu’un instant pour que Maximilien et Soren puissent agir.

    -          - J’ai une nouvelle à t’apprendre petite humaine prétencieuse, Max et moi allons nous marier. Il va falloir que tu te fasses à l’idée que tu l’as perdu à jamais. Max mon amour, dis-lui qu’elle n’était rien pour toi.

    Mais j’ai tout à coup pris la décision de réagir. Je ne pouvais pas mourir sans lui dire la vérité, sans lui dire que c’était moi qui était sa femme.

    -          - Il ne te le dira jamais. Moi aussi j’ai une nouvelle à t’apprendre…

    -          - Non ! cria Maximilien en s’avançant rapidement vers moi afin de m’attraper la main que je lui tendais.

    Mais une fois nos doigts en contact une lumière éclatante nous a enveloppés  et Evguénia a compris. Elle a resserré son emprise et a appuyé plus profondément son poignard sur ma peau, lorsqu’ en poussant un cri elle s’est écroulée sur le sol me lâchant. Derrière elle, Edwald  venait de la transpercer de son épée.

    Maximilien me prit dans ses bras et me serra contre son cœur. Quelque chose s’est alors passée, un halo est parti de nos corps vers le ciel. Il était très puissant, les murs tremblaient. J’ai vu Soren et Edwald se précipiter vers l’extérieur. Nous ne pouvions plus nous séparer, la lumière représentait la lave d’un volcan en éruption. Il fallait qu’elle jaillisse. Tout tremblait autour de nous jusqu’à ce qu’il y ait une énorme explosion.

    Puis le silence. Maximilien et moi étions sain et sauf, toujours enlacés. Le halo avait disparu et la lumière du jour est apparue dans les débris et la poussière.

    On nous appelait. Nous avons repris nos esprits et sommes remontés à la surface en escaladant les ruines de ce qui était auparavant un manoir.

    La reine s’est approchée avec Aldaron qui semblait légèrement blessé. Ils étaient recouverts de poussière. Célébrian nous sera très fort dans ses bras et nous embrassa tour  à tour en remerciant le ciel et la terre de nous avoir épargné. Christopher est arrivé avec Gus, il était essoufflé. Ses yeux se sont remplis de larmes en me voyant et il m’a enlacé.

    Je suis revenue à la réalité, j’ai regardé autour de moi, je ne voyais pas Soren et Edwald. Je suis retournée vers le trou par lequel nous venions de sortir et je les ai appelé de toutes mes forces. Max, Aldaron et deux gardes sont descendus à leur recherche. Il fallait faire vite car déjà au loin nous entendions le bruit des sirènes des pompiers.

    La reine me tenait la main. Nous avons trouvé le temps long. Un silence inquiétant nous submergeait. Je tremblais de tous mes membres. Non ! Pas eux ! Elle les avait vus s’enfuir. Les elfes sont très rapides elle en était certaine. S’ il leur est arrivé quelque chose elle ne se le pardonnerait jamais puisque c’était le pouvoir de son lien avec Maximilien qui avait provoqué cette explosion. Elle avait ressenti la même chose dans l’esprit de Max c’est pour ça qu’il était parti aussi rapidement à leur recherche.

    Nous avons entendu un énorme bruit comme si tout s’était écroulé sur eux. Mes jambes se sont dérobées et la reine m’a aidé à m’assoir. Les larmes coulaient le long de mes joues.

    Quand soudain est apparu Aldaron avec Soren, Max avec Edwald et un des deux gardes portait un corps inerte. C’était Evguénia j’avais reconnu sa chevelure rousse.


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