• Chapitre 72

    Permission de partir

    Il était 11heures lorsque Maximilien est arrivé avec sa mère la reine Célébrian à mon domicile. C’est Maminette qui a tenu à aller ouvrir la porte.

    Lorsqu’elle a vu son amie, elle s’est approchée afin de l’enlacer. Elles devaient être très  proches il y a quelques années. Elle fit les présentations. Mon père était très impressionné de voir une personne comme elle, c’est vrai qu’elle était magnifique. Elle avait fait l’effort de s’habiller et se coiffer comme les humains. Max la suivait, nos regards se sont cherchés. Il m’a souri. Je me suis avancée pour dire bonjour à la reine qui m’embrassa chaleureusement. Ma mère les a conduit au salon alors que moi je cherchais la main rassurante de celui qui faisait battre mon cœur. Cette réunion était bizarre.

    Je me demandais pourquoi Célébrian avait voulu rencontrer mes parents. Max me dit par la pensée qu’il ne le savait pas non plus.

    Après avoir dit quelques mots avec Maminette, elle se tourna vers mes parents.

    -          - Je suis vraiment heureuse de rencontrer enfin les parents de Lize, mais aussi la famille de ma très chère amie Margareth.

    -          - Oh, je t’en prie, Célébrian, ne soit pas autant cérémonieuse ! lui dit Maminette en riant.

    -          - Excuse-moi, mais tu sais bien que j’ai toujours tendance à prendre mon rôle au sérieux.

    Je n’avais jamais entendu la reine parler comme ça. On aurait dit qu’elle était avec une bande d’amis à une soirée !

    -          - Mais c’est vrai je suis contente de vous rencontrer. Lize est une jeune fille ou plutôt devrais-je dire une jeune femme charmante. Elle a su prendre le cœur de mon garçon.

    J’ai regardé Maximilien il rougissait, c’était bien la première fois. D’habitude c’est plutôt moi qui avais ce problème.

    -          - Maximilien nous a dit que pour votre monde, Lize est mariée avec lui, lui demanda mon père.

    -          - Oui tout ce qu’il vous a dit est vrai. C’est un peu pour cela que je suis venue aujourd’hui. Lize a des pouvoirs qui sont très puissants. Ce qui nous pose un problème c’est que ces pouvoirs elle n’a pas eu le temps de les comprendre et de les gérer. D’où le problème de cette nuit. Elle pourrait encore s’éclipser et je pense même toutes les nuits. Mais elle doit contrôler cet aptitude car elle perd tellement d’énergie à chaque fois qu’elle l’utilise qu’elle pourrait comment vous expliquer être très gravement malade. La nature peut beaucoup mais pas pour une surcharge comme celle-là.

    -          - Mais ce n’est pas de ma faute. Je ne sais pas comment ne plus le faire. Je le fais inconsciemment lorsque je rêve.

    -          - Et tes rêves sont dirigés dans quelles directions ? me demanda Célébrian.

    -          - Euh….. vers Max, dis-je en rougissant.

    -          - Lize ! s’écria mon père.

    -          - Andrew elle est amoureuse, lui dit ma mère. Mais que peut-on faire pour qu’elle aille mieux ?

    -          - La seule solution c’est de la laisser venir s’installer chez nous jusqu’au jour de le l’anniversaire de Maximilien. Je sais que pour vous ça va être difficile mais je vous dis la vérité elle risquerait de tomber malade. Je pense aussi que si elle rêve aussi fort à mon fils c’est parce qu’ils s’aiment bien sûr mais également parce qu’elle a tellement peur de le perdre dans peu de temps que tout ses sentiments sont amplifiés. De plus il ne nous reste plus beaucoup de temps pour lui apprendre tout ce qu’elle doit savoir sur ses pouvoirs. D’après ce que m’a dit mon frère elle apprend vite et fait de gros progrès mais ce n’est pas encore suffisant.

    -          - Mais ma fille n’est pas un outil de guerre.

    -          - Andrew ! Est-ce que je peux vous appeler Andrew ? Je ne considère pas votre fille comme un outil de guerre, je l’aime comme ma fille et je me sacrifierais pour elle comme pour lui. Je sais aussi que si je perds votre fille je perds également mon fils.  Alors croyez-moi j’ai autant envie que vous de voir Lize réussir ce dont pourquoi elle est destinée. Vous oubliez aussi que je dois beaucoup à votre mère ainsi que mon peuple.

    J’étais mal à l’aise. J’avais du mal à suivre tout ce qui se disait dans ma maison. Max me caressait la main avec son pouce. Nous étions là tous les deux un peu  ahuris. Nous avions à cet instant l'impression d’être un peu considérés comme une marchandise que l’on devait se monnayer.

    -          - Très bien. Elle ira s’installer chez vous. Elle sera beaucoup plus protégée qu’ici mais je voudrais que l’on puisse aller la voir le plus souvent possible. Il faut nous comprendre, nous ne sommes pas prêt à perdre notre fille surtout si elle doit ….. être tuée, dit ma mère d’une voix tremblante.

    -          - Vous êtes chez vous dans notre demeure. Vous venez nous voir autant de fois que vous le désirez et même très chère Sarah si l’envie vous venait de vous installer chez nous il n’y aurait pas de problèmes. Je vous encourage même à venir voir les progrès de Lize.

    -          - Je vous emmènerais, leur dit Maminette. Je sais où se trouve la maison. Et puis il y a des choses que l’on doit voir tous ensemble. Beaucoup de choses à préparer.

    -          - Est-ce que Christopher a pris contact avec toi Margareth ?

    -          - Non pas encore mais je compte bien lui rendre visite cet après-midi.

    -          - J’ai besoin de savoir ce qu’il risque d’arriver si vous échouez, dit mon père.

    -          - Vous en êtes sûr ? Très bien. Alors Delduwath prendra le pouvoir sur les deux mondes. Vous ne connaitrez plus le bien. Il aura le pouvoir absolu sur les humains. Il vous prendra comme esclaves, il fera en sorte qu’un tas de catastrophes météorologiques s’abattent sur la terre comme des inondations, des incendies, des volcans qui rentreront en éruption et j’en passe. Pour notre monde, il prendra comme esclaves ceux qui peuvent lui servir  pour les autres il les massacrera. Et croyez-moi les premiers qu’il détruira seront les elfes, mon peuple.

    -          - Mais comment Max pourrait devenir quelqu’un comme ça ? lui demandait ma mère.

    -          - Il n’aura pas le choix. Il ne sera plus lui-même de toute façon. Son côté démon aura l’emprise sur lui. Il ne saura plus qui je suis, son père pourrait même exiger qu’il me tue, et il obéira. Ce ne sera plus le Max que l’on connait il sera  une marionnette. Juste celui qui aura permis à son père de s’élever au-dessus du dieu des enfers.

    -          - Mais pourquoi Lize ?

    -          - Parce que je suis persuadée que c’est l’amour qu’il a pour Lize qui peut le sauver. Je fais ce rêve depuis qu’il est né et je veux encore y croire. Surtout lorsque je les vois aussi épris l’un de l’autre. Vous savez ce n’est pas dans notre nature d’aimer à ce point. Nous sommes fidèles mais l’amour comme le connaissent les humains n’existent pas dans notre monde. Je suis moi-même surprise des sentiments qu’ils éprouvent.

    -          - Euh…. C’est un peu gênant là maman.

    -          - Excuse-moi.

    -          - Est-ce que l’on a notre mot à dire ? demanda Max.

    -          - Bien sûr. Tu voulais rajouter quelque chose ?

    -          - Et bien oui. Est-ce que vous avez pensé à demander à Lize si elle voulait s’installer avec nous ? Je trouve que c’est quand même à elle de décider ce qu’elle veut faire.

    -          - Lize, on t’écoute, dit mon père.

    -          - Je…. Je ne veux pas vous faire de peine mais oui je crois qu’il faut que j’aille m’installer chez Max avec sa mère et tous les autres. Mais je veux vous avoir auprès de moi aussi. J’ai besoin de ma famille plus que vous ne pouvez l’imaginer. Je sais que je vous demande beaucoup mais …. Vous savez…. Au cas où je ne serais plus là après….

    Mais je n’ai pas pu terminer, mes larmes coulaient sur mes joues et ma voix se voilait. Je me suis blottie dans les bras de Max mon oreille sur son cœur. Il m’enlaça tendrement. Et en pensée me dit combien il m’aimait.

    -          - Nous allons tous nous installer chez vous, dit mon père. Ma fille a besoin de nous, demain je préviens mon  patron que je prends mes vacances. Lize juste une petite question. Tu t’installes dans la chambre de Max ?

    -          - Oui papa. Il faut que tu comprennes que j’en ai besoin. Ne vois pas quelque chose d’incorrect juste que j’ai besoin de sa force et de sa présence auprès de moi.

    -          - Ne vous inquiétez pas pour ça. Nous avons une petite dépendance sur notre propriété. Elle sera parfaite pour vous, votre femme et Margareth. Vous serez près de nous en gardant votre indépendance. Et puis je ne vais pas vous le cacher j’ai un peu peur qu’on essaye de vous kidnapper pour avoir de l’emprise sur Lize. Delduwath est prêt à tout. Vous avoir sur notre propriété sera plus facile pour nous. Nous positionnerons des gardes autour de votre logement pour votre sécurité. Il faut aussi que vous trouviez un endroit sûr pour la bataille. Lize ne doit pas se déconcentrer, vous savoir à l’abri l’aidera. Je vais vous laisser vous préparer, nous vous attendons demain. Max, tu restes avec Lize je suppose ?

    -          - Oui, si tu me le permets.

    Elle sortit et c’est à ce moment là que j’ai vu la voiture avec Aldaron qui l’attendait à l’intérieur. Je ne m’étais pas rendu compte qu’il était resté dehors tout le temps de notre entretien. Mes parents se sont tout de suite mis à la tâche pour rassembler des affaires et tout ce qu’ils auront besoin pendant leur séjour. Maminette était partie se préparer car elle voulait aller voir Christopher dès le début de l’après-midi.

    Nous restions seuls Max et moi. Il m’a entrainé vers ma chambre. Maintenant je ne risquais plus les foudres de mon père.


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