• CHAPITRE  20

     

    J’ai entendu frapper à la porte. J’allais ouvrir c’était Evguénia. Je me fermais c’était la dernière personne que je voulais voir ce soir.

    -          - Qu’y a-t-il Evguénia ? lui dis-je sèchement.

    -          - Je ne veux pas t’importuner mais j’aimerais que l’on sorte marcher dans le jardin. J’ai besoin de te parler.

    -          - Et tu ne peux pas me le dire ici ?

    -          - Non. Je voudrais marcher pour avoir le courage de te parler une dernière fois avant de rentrer chez nous.

    -          - Tu rentres dans notre monde ?

    -          - Oui. Mais s’il te plait en souvenir du bon vieux temps lorsque nous étions encore amis, viens faire un tour avec moi. Il fait bon dehors.

    -          - Juste une promenade alors.

    Je fermais ma chambre et j’ai suivi Evguénia. Nous marchions tranquillement vers la forêt. Je me demandais ce qu’elle avait à me dire, je m’impatientais.

    -          - Je croyais que tu voulais me parler ?

    -          - Je sais mais ce n’est pas facile.

    Elle marchait encore, d’habitude l’obscurité ne me gênait pas mais là j’avais un mauvais pressentiment. J’allais exiger qu’elle me parle tout de suite lorsque j’ai ressenti un énorme choc derrière la tête. Je suis tombé entendant le rire diabolique d’Evguénia avant de m’évanouir.

    Lorsque je me suis réveillée je savais seulement que l’on me transportait en voiture ou autre véhicule. Je sentais l’odeur de l’essence. On m’avait attaché les mains dans le dos, baillonnés les yeux et la bouche. Je sentais que mes pouvoirs avaient été également ligoté par je ne sais quelle magie noire.

    Malgré la peur qui m’envahissait mes seules pensées allaient vers Lize. Je savais que l’on était lié encore plus intensément depuis la nuit dernière. Je sais qu’elle a ressenti ce qui venait de se passer, elle sais que je suis en danger. Je l’ai entendu pleurer. Le jour était levé et pourtant je ne voyais rien. Je roulais encore et encore mais dans quelle direction ? Pourquoi Evguénia m’a-t-elle enlevé ? Je me rappelle de son rire, c’est elle la cause de mon kidnapping. Elle veut me garder pour elle, j’aurais dû faire un peu plus attention au signe. Je me doutais qu’elle préparait quelque chose.

    Lize souffre, je le sens. Je suffoque un peu dans cet endroit et les odeurs m’incommodent de plus en plus. Je ressens sa peine, elle suffoque lorsque je suffoque. Il lui faut de l’aide. Concentre-toi pendant qu’il te reste encore un peu de force. Fais passer un message à Lize. Il faut absolument qu’elle aille voir Christopher, lui seul sera la soigner, alléger sa souffrance.

    Je t’en supplie ma princesse va voir Christopher. Je sentais que j’étais à bout de force et prêt à retomber dans l’inconscience.

    A chaque fois que je reprenais connaissance je fredonnais sa musique, je sais qu’elle l’entendrait et qu’elle saurait que j’étais encore en vie.

    Je ne savais vraiment pas si cela faisait un jour ou deux, même plus, que j’étais enfermé dans ce coffre noir. J’entendais la voix d’Evguénia, elle donnait des ordres à d’autres personnes mais qui ? Je ne reconnaissais pas les voix ce qui me rassura j’avais peur que mes amis ne soient tous devenus mes ennemis. J’avais faim, j’avais froid. Je n’arrivais pas à me dégager, ni même à bouger d’ailleurs. Maintenant tout le monde devait être à ma recherche. Lize doit être morte d’inquiétude mais je sais que l’on s’occupe bien d’elle et qu’ils feront tout pour la protéger.

    Je sentis tout d’un coup des bruits de pas sur un chemin de terre. Le véhicule s’était arrêté, nous devions être arrivé à destination. On m’a extirpé et j’ai dû marcher quelques mètres. J’ai descendu péniblement des escaliers mais on me maintenait fermement afin que je ne tombe pas. Une chose rassurante, on voulait me garder en vie. On a enlevé mes liens et poussé dans une pièce froide. J’ai entendu le bruit de la porte et des verrous que l’on poussait. J’avais les mains libres, j’ai enlevé mes baillons. Il faisait très sombre et les murs étaient en pierre. J’étais dans une cave. Il y avait tout en haut d’un mur une toute petite lucarne qui m’indiquait qu’il faisait encore jour à l’extérieur. J’essayais de faire apparaître mon halo de lumière mais j’étais trop faible, je n’y arrivais pas. J’avais déjà perdu beaucoup d’énergie lorsque les ombres nous ont attaqués devant la maison de Lize et je n’avais pas eu le temps de me ressourcer.

    Je me suis mis devant la porte et j’ai dit quelques formules elfiques mais rien ne fonctionnait. Cet endroit était protégé par le mal.

    Je commençais à regarder autour de moi. Il y avait seulement un lit, un matelas et une couverture dans le coin opposé à la lucarne. Sur le côté droit de la porte des toilettes de fortune avec un lavabo rempli de crasse. J’ouvrais le robinet, l’eau coulait, c’était déjà ça.

    La porte s’est ouverte et Evguénia est apparue. Elle a donné l’ordre que l’on ferme la porte derrière elle et de n’ouvrir sous aucun prétexte.

    Elle avait changé d’apparence, elle était habillée en noir et avait les cheveux relevés vers l’arrière. Ses yeux étaient sombres et son visage était rempli de haine.

    -          - Alors Maximilien que dis-tu de ta nouvelle demeure ?

    -          - Pourquoi Evguénia ? Il n’est pas trop tard relâche-moi, je ne dirais à personne que c’est toi qui m’a enlevé.

    -          - Trop tard, j’ai vu Edwald le soir de ton enlèvement. Je lui ai tout raconté. Le pauvre il était si malheureux que j’en ai ri pendant un certain temps.

    -          - Et qu’est-ce que tu lui as raconté ?

    -          - Je lui ai appris que je m’étais alliée à ton père.

    -          - Ce n’est pas possible, il ne se montre jamais, tu mens.

    -          - J’ai su où le trouver. Depuis quelques temps je passe mon temps libre avec des personnes importantes du côté du mal. J’ai fait une proposition et ton père a bien voulu me recevoir.

    -          - Et quelle est cette proposition ?

    -          - J’ai passé un pacte avec lui. Je t’emmènerais à lui sur un plateau à condition qu’il me laisse devenir ta femme.

    -          - Tu as quoi ? Mais Evguénia tu es devenue folle à lier. Je ne t’épouserais jamais, tu m’entends, jamais. Je ne t’aime pas. Et puis tu sais très bien que mon père te tuera avant. Il ne voudra pas de toi dans ses projets. Relâche-moi pendant qu’il en est encore temps.

    Elle me lança des décharges électriques. Son halo de lumière avait disparu. Elle était devenue un démon et avait les pouvoirs du mal. Je serrais les dents pour ne pas lui faire le plaisir de me voir souffrir.

    -          - Jamais. Jamais je ne te relâcherais. Je t’avais dit que je laissais tomber pour l’instant mais je t’avais assuré qu’un jour tu m’appartiendras. J’ai jusqu’au 21 juin pour te faire plier. Nous avons promis à Delduwath de te garder en vie mais nous avons ordre de t’affaiblir jusqu’au jour où ton père viendra te chercher et pour toi ce sera comme une délivrance de le rejoindre.

    -          - Je te hais Evguénia.

    -          - Dans quelques mois tu seras mon mari et tu auras oublié ta petite humaine. J’aimerais tellement me débarrasser d’elle.

    -          - Si tu touches un seul de ses cheveux je te tue de mes mains.

    -          - Il faudrait déjà que tu es plus de force qu’aujourd’hui mais tu vois tu n’es pas prêt de faire un petit tour dehors avant longtemps et tu t’affaibliras jour après jour.

    Elle frappa à la porte et donna des ordres pour qu’on lui ouvre. Je me retrouvais seul dans ce cachot. Je pensais à Lize. Je devais lui manquer autant qu’elle me manquait. Il ne fallait surtout pas qu’Evguénia sache pour Lize, elle ne devait pas savoir qu’elle était mon épouse. Elle serait en danger.

    Je pouvais communiquer avec Lize par la boite à musique mais j’avais perdu mon boitier, je l’avais peut-être laissé dans ma chambre, quel idiot. Et puis j’ai pensé à notre lien unique. Elle avait des aptitudes, c’était de plus en plus clair.

    Je communiquais avec ma mère par la pensée je devais essayer avec Lize. J’ai vidé mon esprit, j’ai pensé à elle, je me suis concentré. Réveille-toi, s’il te plait réveille-toi et écoute-moi.

    Lize, ma princesse,

    Est-ce que tu peux entendre ma voix ?

    Elle m’avait entendu, je le savais. Il faut qu’elle arrive à se concentrer, nous devons réussir, c’est notre dernière chance.

    Maximilien, où es-tu ?

    Oh ma princesse !

    Je n’étais pas sûr que nos liens soient assez forts

    Et surtout que cette capacité t’avait été transmise.

    Mon amour, dis-moi où tu es ?

    Je ne sais pas.

    On m’a bandé les yeux mais je sais que l’on a roulé pendant des heures.

    Tu n’as aucun indice pour que l’on vienne te chercher ?

    Ma princesse, ne te mets pas en danger.

    Si Evguénia sait pour nous elle te tuera.

    Elle t’a fait souffrir ?

    Oui et tu as souffert avec moi.

    C’est pour ça que je t’ai envoyé vers Christopher.

    Je savais qu’il prendrait soin de toi.

    Il nous faut des indices pour te sauver.

    Dis-moi quelque chose qui pourrait aider Soren et Edwald à te retrouver.

    Je t’ai dit que l’on avait roulé des heures

    Je ne sais pas si nous avons pris un avion avant

    J’ai été inconscient un moment

    Ils m’ont énormément affaibli samedi soir.

    Donne-moi tes impressions

    J’ai l’impression que nous avons traversé une grande région plate ;

    Je sais qu’il y a un lac pas très loin

    C’est tout ce que je peux te dire pour l’instant, ma princesse.

    C’est un premier point, tu me manques.

    Tu me manques aussi

    Je dois me reposer pour prendre des forces

    Je te promets de te retrouver

    Je suis heureuse d’avoir ce lien avec toi, je t’aime.

    Je t’aime ma princesse.

     

    Ça avait fonctionné. J’étais épuisé mais heureux de lui avoir parlé. Elle veut me retrouver mais j’espère que Soren, Edwald et Christopher sauront l’empêcher de se mettre en danger. Je savais qu’elle leur ferait part de notre conversation. Je ne savais pas si je devais garder l’espoir de sortir d’ici avant mon anniversaire. Il fallait que je me repose, garder quelques forces pour communiquer avec Lize.

    Je n’arrivais pas à savoir depuis combien de temps j’étais enfermé dans cette prison, plusieurs jours, peut-être plus d’une semaine. Les ombres me font subir de telles souffrances que j’ai du mal à me maitriser. A chaque fois que je laisse échapper des cris j’entends Evguénia jubiler. Elle me rend visite chaque jour pour me dire ce que nous ferons subir aux humains lorsque le mal aura pris le dessus sur les deux mondes. Ça me dégoutait, elle riait. Je sais que je ne devrais pas faire cela mais toutes les nuits je parle avec Lize par la pensée. Ça nous permettait de tenir. Elle ressent les coups que me font endurer les ombres, Christopher lui permet de gérer ce qu’elle ressent en même temps que moi. Je ressens sa fatigue, elle ne dort pas beaucoup. C’est plus fort que nous, notre lien nous pousse l’un vers l’autre. Nous avions besoin d’entendre nos voix. Il fallait pourtant que je lui parle, j’avais réussi à questionner Evguénia. Elle se méfiait et était toujours sur ses gardes mais je lui avais demandé de me dire si j’avais bien senti un lac tout proche. Ça l’a fait rire que je lui parle justement de ce lac.

    Ma princesse, tu m’entends ?

    Oui, je suis là !

    J’ai peut-être quelque chose pour vous.

    Je t’écoute.

    J’ai réussi à faire parler Evguénia mais elle est très méfiante.

    Je lui ai parlé du lac, je sens son odeur.

    Elle m’a dit que c’était drôle le nom qu’il portait

    Vu que mon père allait le devenir.

    Ce n’est pas très clair mais j’en parlerais aux autres

    Nous te retrouverons, je te le promets.

    Je sens ta fatigue, ma princesse.

    Il faut que tu dormes

    Ne t’inquiètes pas autant, je tiens le coup.

    Les ombres ne font que jouer avec moi. Ils ne doivent pas me tuer.

    Maximilien ?

    Oui.

    Evguénia veut se lier à toi ?

    Oui mais elle ignore encore qu’elle ne le pourra jamais.

    Tant qu’elle ne sait pas la vérité tu ne risque rien.

     

    Je voulais l’apaiser afin qu’elle dorme enfin. Je lui ai fredonné sa musique. Elle rêvait souvent de nos étreintes ça ne m’aidait pas, elle me manquait tellement. Depuis cette nuit, elle rêvait de faire du mal à Evguénia. Comment pourrais-je lui en vouloir alors que si je pouvais je la tuerai volontiers moi-même.


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  •  

    CHAPITRE  19

     

    Il faisait déjà nuit lorsque j’ai raccompagné Lize chez elle. Elle s’est blottie contre moi, elle avait du mal à me quitter. Je lui ai promis de ne pas être loin d’elle cette nuit, qu’il ne fallait pas qu’elle s’inquiète, je veillerais sur elle.

    J’aurais tellement voulu la suivre lorsque je l’ai vu rentrer dans cette maison vide.

    Si nous avons un avenir ensemble je la suivrais où elle ira même si c’est une université à l’autre bout du pays. Nous en avons un peu parlé et elle désire s’inscrire à celle qui se trouve à quelques kilomètres d’ici.

    Je me suis retrouvé marchant dans les allées du parc près de sa maison. Je préférais être avec elle mais marcher me faisait réfléchir et j’aimais beaucoup cet endroit. Etait-ce à cause des parfums ou bien parce que c’était le lieu de notre premier rendez-vous ? Sans doute les deux.

    J’aimais m’installer sur le banc sous le kiosque et me remémorer nos premiers baisers.

    Lize m’a dit que sa mère avait compris combien nous étions attachés l’un à l’autre. Elle ne comprend pas comment nous pouvons nous aimer autant alors que nous n’avons que 17 ans. C’était comme si nous étions des âmes sœurs. Je le sais que nous sommes des âmes sœurs, je l’ai su dès le premier regard que j’ai posé sur elle. Mais c’est encore plus fort que ça, personne ne peut comprendre à quel point notre amour est unique.

    Je pensais à elle et j’essayais de faire ce que je pouvais pour l’apaiser, pour qu’elle sente que je n’étais pas loin d’elle. Elle était tellement dans un état de bien-être que j’ai su qu’elle s’était endormie.

    Je commençais à me détendre lorsque j’ai vu le ciel s’assombrir. Les ombres approchaient, il me fallait aller chercher les autres.

    J’allais plus vite qu’eux et pourtant lorsque je suis arrivé devant la maison de Lize elles tournaient déjà autour, je les entendais griffer les carreaux. Lize était réveillée et elle avait peur. Les ombres essayaient d’entrer, j’espérais que nos protections ne tomberaient pas. Elles étaient plus fortes, je le sentais. Mon halo de lumière était intense et il me fallait tenir bon en attendant que mes amis arrivent.

    Il fallait que je  tienne les ombres éloignées de la maison. J’essayais d’étirer mon halo mais ça me devenait impossible surtout que maintenant elles en avaient après moi. J’espérais que mon oncle ne tarde plus à arriver j’avais besoin de leur aide. Elles me bousculaient, je savais que Lize ressentirait ma douleur. Aldaron, Soren et Edwald sont arrivés enfin. La lumière était dense mais elles en avaient encore après moi.

    J’étais maintenant agenouillé sur le sol il fallait que je protège Lize. J’ai fait en sorte que mon énergie m’enveloppe afin que je puisse lancer des protections supplémentaires sur la maison. Les ombres cherchaient à faire quelque chose. J’avais l’impression d’être pris au piège, elles nous testaient j’en étais sûr à présent. Pourquoi en avaient-elles après moi. J’ai compris en sentant la panique de Lize, elle me voyait souffrir et ne pouvait plus le supporter. Les ombres voulaient la faire sortir de la maison et c’est ce qu’elle fit.

    -          - Non ! criais-je. Rentre tout de suite. C’est ce qu’ils veulent. C’est un piège pour te faire sortir.

    Mais elle n’a pas eu le temps de faire demi-tour, les ombres lui barraient le chemin et s’étaient postées devant sa porte. Alors nous nous sommes tous positionnés autour d’elle, il fallait la protéger. Nous avons rassemblé nos énergies afin que notre lumière forme un dôme protecteur autour de Lize. Une chaleur bienfaitrice l’entourait et je savais qu’elle le ressentait. Il nous fallait faire fuir les ombres, il nous fallait utiliser la magie, nous n’avions pas le choix. Nous avons continué jusqu’à ce qu’elles aient toutes disparues.

    Puis ce fut le silence. Je me suis retourné vers Lize, elle était si épuisée qu’elle s’est retrouvé à son tour à genoux sur le sol. Je me suis précipité vers elle pour la prendre dans mes bras.

    -          - Ramène-la chez elle et prend soin d’elle, me dit mon oncle. Nous veillerons.

    Je savais que l’on était en train d’enfreindre les règles que nous avaient donné ses parents. Je l’ai déposé délicatement sur le canapé. Je lui caressais les cheveux, je savais que ça l’apaisait. Son cœur battait si fort. Je la regardais, ses larmes coulaient sur son visage. J’avais pris conscience avec elle du danger qu’elle risquait tous les jours à cause de moi et ça m’attristait.

    -          - Pourquoi es-tu sortie ma princesse ?

    -          - Les ombres t’attaquaient je ne pouvais pas le supporter, il fallait que je te rejoigne.

    -          - C’était un piège. Il voulait savoir à quel point nous étions attachés l’un à l’autre. Ils ont un plan, je le sens. Cette fois-ci j’ai été obligé de te quitter quelques minutes pour demander du renfort.

    -          - C’est à ce moment là que je me suis réveillée. J’ai senti que tu n’étais plus là.

    -          - Oui je sais. D’ailleurs il faut que l’on parle de certaines choses. J’ai omis de te les dire pour ton bien, maintenant je sens qu’il y a urgence. Je t’en parlerai demain lorsque tu seras reposée.

    -          - Oh mon dieu ! Que vont dire mes parents ? Les voisins…

    -          - Chut ! Calme-toi. Tes voisins n’ont rien vu, rien entendu. J’ai depuis longtemps fait le nécessaire pour que la magie protège cette maison donc tu n’as rien à craindre. Même si un voisin est sorti il n’a vu qu’une rue paisible sans personne à l’horizon.

    -          - Et tu peux faire d’autres tours que celui-ci ?

    -          - Oui, mais ça nous prend beaucoup d’énergie. On ne le fait que lorsque c’est nécessaire. Il n’y a que dans mon monde où je peux me servir de mes pouvoirs à longueur de temps car la nature nous ressource continuellement.

    -          - Tu sais que tu n’as pas le droit d’être ici.

    -          - Oui mais je t’ai dit aussi que je rentrerais si tu étais en danger.

    -          - Et je suis en danger ?

    -          - Oui. Tous les jours. Mais ils ne reviendront pas cette nuit.

    -          - Tu es sûr ?

    -          - Oui. Il voulait se rendre compte de certaines choses. Comme je te l’ai dit ils nous ont tendu un piège. Repose-toi maintenant on parlera demain.

    -          - Tu reste avec moi ?

    -          - Oui ma princesse. Je ne te quitte pas !

    Elle s’endormit dans mes bras et je lui transmettais ma force bienfaitrice enfin ce qu’il me restait et lui caressait les cheveux.

    Elle ne s’est même pas rendu  compte que je la transportais  dans sa chambre. Je me suis allongé près d’elle et j’ai regardé les lieux. C’était assez féminin mais sans chichi non plus. La pièce était petite et claire avec quelques pointes de couleurs. Elle lui ressemblait assez bien. Je regardais sur sa table de chevet sa boite à musique, je souriais. Lorsque je penserais à elle je saurais où elle se trouverait. Son odeur planait et elle était plus forte que lorsqu’elle venait dans ma chambre. Je me sentais bien avec elle. J’ai fini par m’endormir, j’avais perdu beaucoup de forces.

    Je n’aurais pas dû rester si près d’elle. J’aurais dû rester sur son fauteuil à côté de la fenêtre ou même en bas sur le canapé. Je m’en suis rendu compte lorsque j’ai senti sa main sous ma chemise. Je me réveillais, mes sens également. Je ne pouvais pas me contrôler, je frissonnais de plaisir. Elle le savait, elle me regardait intensément. Elle a déboutonné ma chemise tout doucement, caressé mon torse, s’est attardée sur ma marque de naissance. Pourquoi me fait-elle subir un tel supplice ? J’avais très envie d’elle et elle le devinait. Ses pensées étaient tellement explicites. Mon désir pour elle bouillonnait dans tout mon corps.

    Nous nous sommes embrassés avec fougue, plus rien ne comptait à part nous. Nos caresses prenaient des chemins inconnus pour elle comme pour moi. Nos cœurs battaient à l’unisson. Nos corps se mélangeaient à la perfection jusqu’à ce qu’ils ne fassent plus qu’un, enfin.

    Son corps frissonnait et bougeait au même rythme que le mien. Ses mains agrippaient mes cheveux. Ses lèvres cherchaient régulièrement les miennes. Nos regards étaient brillants de plaisir. Nos sens étaient remplis de ce désir nouveau.

    Je n’aurais jamais imaginé que ce moment soit aussi parfait. D’une voix rauque et pleine de tendresse je lui ai dit :

    -          - Tu es mienne à présent  ma princesse.

    Ses yeux, son corps, me désiraient encore, tout comme moi je la désirais aussi.

    -          - Je t’aime, me dit-elle avant de me tirer à elle afin que cette nuit ne finisse jamais et que nos corps se mélange à nouveau.

    Il faisait jour, nos doigts étaient enlacés. J’aurais dû avoir honte de m’être laisser aller mais comment ne pas résister à un tel appel amoureux.

    -          - Nous n’aurions pas dû ma princesse.

    -          - Pourquoi ? Tu ne voulais pas de moi sur ce plan-là ?

    -          - Oh si ! La preuve je n’ai pas pu résister bien longtemps. Mais je ne voulais pas avant d’être sûr que nous arrivions à aller au-delà de mon anniversaire.

    -          - C’est de ça que tu voulais me parler hier soir ?

    -          - Oui mais préparons-nous et je t’expliquerais au salon. Ici je risque de perdre mes esprits, lui dis-je d’un air espiègle.

    Elle s’est levée et s’est dirigée vers la salle de bain. Je sentais une douce chaleur s’y échapper. Je me suis approché, elle était si belle, si parfaite. Je lui ai caressé doucement le dos et lui ai déposé de tendres baisers. Elle savait que je la désirais encore. J’avais atttendu ce moment depuis si longtemps que je n’arrivais pas à être raisonnable.

    Le petit déjeuner terminé nous sommes allés au salon. J’avais remarqué quelque chose de surprenant sous la douche et  je ne savais pas comment lui en parler. Comment allait-elle réagir ?

    -          - Qu’est-ce qu’il y a ? Je sens ta tristesse.

    -          - C’est justement de ça que je veux te parler ma princesse. Plus nous nous rapprochons, plus nous ne devenons qu’un.

    -          - C’est normal. Tous les couples le deviennent.

    -          - Tu ne comprends pas. Je suis un elfe et toi une humaine. Et ce n’est pas une image. Pour nous c’est la réalité. Tu sais déjà que je ressens tes humeurs, que je peux t’apaiser. Mais maintenant ça va être dans les deux sens. Je sais que tu as déjà ressenti ça hier soir et c’est pour ça que tu t’es réveillée. Tu as senti ma peur de te laisser seule même pour quelques instants. Tu as senti le mal que les ombres me faisaient et tu t’es sentie obligé de sortir.

    -          - Si ce n’est que cela qui t’inquiète ce n’est pas grave. Je peux gérer.

    -          - Il n’y a pas que cela. Maintenant enfin depuis cette nuit, tu ne fais plus qu’un avec moi. Et si mon père prend possession de mon âme tu ressentiras tout le mal que je ferais autour de moi et le plaisir que j’aurais à le faire. Tu souffriras énormément. Oh non ! Qu’est-ce que j’ai fait ? Je m’étais promis de ne pas succomber !

    -          - Mon amour, je t’aime. Et je suis sûre que c’est cela qui nous sauvera. Ta mère a fait en sorte que tu puisses t’en sortir.

    -          - Je l’espère ma princesse. Il y a autre chose que je voudrais te dire. Dans le monde des elfes ce que nous venons de faire signifie que nous sommes mari et femme.

    -          - Quoi ? Tu rigoles ? Nous sommes trop jeunes.

    -          - Pas dans mon monde. Et puis il y a une chose qui le prouve, lui dis-je enfin tout bas.

    -          - Euh ! Tu me fais peur ! Je vais me transformer en elfe avec de longues oreilles pointues.

    -          - Non, lui dis-je en riant. Ne t’inquiète pas les oreilles ce n’est qu’une légende.

    Elle était heureuse de m’avoir fait sourire enfin.

    -          - Alors ?

    J’avais peur de sa réaction mais je ne pouvais pas faire machine arrière. Il fallait qu’elle le sache maintenant et par moi.

    -          - Tu as dans le bas du dos un tatouage représentant la marque de la famille royale de mon peuple. Je l’ai vu sous la douche.

    -          - Quoi ? Mes parents vont me tuer !

    -          - Je suis désolé mais c’est la preuve que nous sommes mariés. Cette marque prouve à tout le monde que tu es mienne. Et que l’on a fait l’acte nuptial.

    Elle courut vers le miroir qui se trouvait dans l’entrée. Elle voulait vérifier par elle-même que je ne blaguais pas. Elle a soulevé son pull et l’a regardé. Elle se demandait comment elle pourrait le cacher à ses parents. Je l’ai rejoint, je caressais le tatouage du bout de mes doigts. Ce que j’ai ressenti à ce moment était plus de la fierté que de la honte. Comment était-ce possible ? Comme cette marque était apparu sur une humaine. Je pris conscience qu’elle était ma femme et j’aimais cela. J’avais envie d’un avenir avec elle, de fonder une famille. Je savais qu’elle ne m’en voulait pas et j’en étais heureux.

    -          - Est-ce que je dois savoir autre chose ?

    -          - Pas pour l’instant. Mais je ne sais pas ce qui va se passer. Je comprends au fur et à mesure de ce qui arrive. Je ressens les choses. Je ne connais personne comme nous. De part ma naissance je suis déjà quelqu’un d’exception pour mon peuple et c’est une première dans toute l’histoire des elfes que quelqu’un comme moi soit marié avec une humaine.

    -          - Tu ne pourrais pas garder pour toi le fait que l’on soit marié ? J’ai beaucoup de mal à le concevoir alors le dire à quelqu’un….

    -          - Tu regrettes ?

    -          - Non. J’en avais peut-être encore plus envie que toi. Et c’est ma destinée de ne faire qu’un avec toi.

    -          - Il faut que je rentre. Tes parents ne vont plus tarder et je ne veux pas te mettre dans l’embarras.

    -          - Oui ce serait gênant. Mais je ne pourrais pas non plus oublier cette nuit et ce soir tu vas me manquer.

    -          - Hummmm…. Je crois que tu vas faire des rêves très intéressant.

    -          - Mais peut-être que les tiens vont me plaire puisque je suis liée à toi, me dit-elle en rougissant.

    -          - Oh ! Je n’y avais pas pensé, lui dis-je en l’embrassant. Demain matin je passe te prendre comme d’habitude. Je t’aime ma princesse.

    Il y avait un changement en moi, les autres l’ont bien senti lorsque je suis rentré. J’étais troublé et je craignais pour notre avenir mais j’étais heureux et je crois que ça se voyait. S’étaient-ils rendu compte de ce qui s’était passé cette nuit. Lize était devenue ma femme et plus personne n’y changerait rien.

    Allongé sur mon lit je  vivais les pensées de Lize. Elle avait peur mais lorsqu’elle regardait son tatouage dans le miroir de sa chambre son regard était plein de fierté et ça me comblait.


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    CHAPITRE  18

     

    Le printemps est enfin arrivé. La nature s’épanouie et se réveille après un long hiver. Il commence à faire plus chaud. C’est beaucoup plus agréable. Bien sûr comme nous avons dit que nous venions d’Islande tout le monde croit que nous sommes immunisés contre le froid mais non. Notre pays est protégé et personne ne peut y entrer sauf pour ceux de l’autre monde ou ceux qui y sont invités comme les gardiens par exemple. Il fait assez chaux avec de temps en temps des pluies très fines et la végétation y est luxuriante.

    Dans ce monde il nous a fallu nous habituer aux différentes saisons, aux températures en dents de scie. Maintenant que le printemps est là j’aime beaucoup notre demeure. Les fleurs vont bientôt s’ouvrir et la propriété est magnifique à cette époque. Les arbres se réveillent après plusieurs mois de sommeil, ce sera plus facile pour nous de reprendre plus facilement des forces.

    Cela fait déjà plusieurs semaines que Lize et moi vivont notre amour au grand jour. Un samedi par mois je vais manger chez ses parents, son père me pose toujours autant de questions où me demande mon avis sur telle ou telle plante qu’il voudrait ajouter à son jardin. J’étais heureux de lui répondre ça m’empêchait de penser aux attaques des ombres que Lize avait subi plusieurs fois déjà. Je n’étais jamais bien loin et j’arrivais assez facilement à les faire fuir. Le 21 juin approche chaque jour et je m’inquiète pour Lize et pour moi aussi. Je sais qu’elle y pense aussi souvent que moi et nous nous demandons si nous tiendrons jusque là et après.

    Les parents de Lize ne veulent toujours pas que je reste chez eux avec leur fille lorsqu’ils partent en weekend. Nous avons envie de leur désobéir mais j’ai besoin qu’ils aient confiance en nous, on ne sait jamais ce qui pourrait arriver dans quelques semaines.

    Mais que penseront-ils de moi lorsque j’aurais disparu et qu’ils verront Lize aussi malheureuse. Comment leur expliquer que c’est contre mon gré que je l’ai abandonné ?

    Pour l’instant je suis là et je veille sur elle en leur absence, je ne suis jamais loin de chez elle.

    Lorsque Lize vient manger chez moi, nous avons beaucoup plus d’intimité, les elfes sont moins possessifs que les humains envers leurs progénitures sauf pour ma mère. Je sais qu’elle n’est pas toujours très à l’aise pendant le repas, elle a du mal à s’habituer à mon oncle qui ne se lâche pas du tout, il tient son rôle à la perfection. Il essaie cependant d’être chaleureux et accueillant mais il garde ses distances. Soren est très agréable comme à son habitude, il se montre charmant. Si je ne savais pas qu’il avait des vues sur Tess j’en serais certainement jaloux. Edwald souffre de plus en plus, il aime beaucoup Lize mais nous voir ensemble lui fait penser à Evguénia. Je lui ai demandé si il voulait rentrer dans notre monde mais il ne le veut pas, il préfère rester ici et devenir l’ombre de lui-même. Ça me fait énormément de peine de voir mon ami aussi malheureux. Evguénia ne s’est montré qu’au premier repas, Aldaron lui en avait donné l’ordre. Depuis elle disparait totalement tant que Lize est chez nous. Je devrais m’inquiéter de ses faits et gestes pendant ses absences mais cela m’arrange car Lize est plus détendue lorsqu’elle ne la voit pas.

    En général nous ne somme pas longtemps à table car j’emmène très vite Lize dans ma chambre. Nos moments d’intimité son intenses, je sens que Lize veut aller plus loin mais je me dois de l’arrêter bien que crois en avoir encore plus envie qu’elle. Mon cœur et mon corps ne tiendront plus longtemps. Que dois-je faire ? Il faut que je la protège de ces souffrances lorsqu’elle m’aura perdu à jamais.

    J’espère toujours que l’on réussira à passer le cap du 21 juin et de pouvoir passer une nuit mémorable contre son corps. Mais avant il faudra que je lui explique ce que ça représente pour notre peuple le fait de faire l’amour avec elle.

    Ses pensées sont de plus en plus claires à ce sujet et elle se pose beaucoup de questions. Elle se doute que je lui cache quelque chose.

    Nous sommes heureux et ça devrait pourtant être suffisant pour le moment.

    C’est très agréable de la voir s’épanouir comme les fleurs au printemps. Elle devient une femme à chaque fois que je la caresse, que je l’embrasse. Elle se sent aimer et ça la rend encore plus belle. Moi aussi j’ai grandi. Avant je ne pensais qu’à m’amuser, maintenant j’aimerais tellement faire des projets. Les sensations que Lize me donne sont intenses et magiques. J’ai envie d’être un homme autant que Lize une femme.

    Les jours passent, le lycée, Lize, mes amis, Tess…

    Tess ? Une jeune fille compliquée je trouve. Elle a toujours de drôle de comportement. Cette fois-ci elle avait décidé d’épier Edwald et Evguénia. Heureusement je savais que Lize lui avait parlé des sentiments d’Edwald. Elle devait vouloir se rendre compte par elle-même que mon ami ne serait jamais amoureux d’elle. Soren remarquait son manège sans comprendre où elle voulait en venir, il avait beau faire des efforts elle ne le voyait toujours pas. Lize a remarqué la souffrance de mon ami et elle a un plan.

    Les filles humaines ont quelquefois des comportements étranges. Elles sont beaucoup plus compliquées et complexes que les garçons. C’est sans doute ça qui les rendent si fascinantes.

    Ce weekend les parents de Lize ne sont pas là et comme à chaque fois Tess passe la nuit chez elle. Je ne les espionne plus autant qu’avant je me contente d’être à l’affût du moindre danger en patrouillant régulièrement. Je sais que Soren n’est jamais loin ainsi qu’Edwald. De toute façon tant qu’elles restent à l’intérieur de la maison elles sont en sécurité.

    Je devrais être plus vigilant la semaine prochaine, Lize sera seule, Tess doit partir avec son père. Si je pouvais lui tenir compagnie.

    La semaine est passée très rapidement et les parents de Lize sont partis très tôt. Elle m’a dit qu’elle pensait faire ses devoirs le matin. C’est vrai qu’en ce moment les profs ne sont pas sympas avec nous, nous sommes inondés de devoirs et ils nous bombardent d’examens. Je dis ça mais ça ne me gêne pas, nous n’avons pas beaucoup besoin de travailler nos aptitudes nous permettent d’avoir énormément de facilités pour tout ce qui concerne notre scolarité dans ce monde. Malgré tout j’aime beaucoup l’anglais et l’histoire et je travaille assidument ces matières. Je trouve cela plaisant.

    Cet après-midi je dois passer prendre Lize. Nous allons au cinéma avec Soren, Edwald e Tess. Mais nous devons aller à la première séance car Tess doit partir tôt.

    Le film était sympa il y avait tout ce que l’on peut rêver intrigue, action, aventure et même une pointe d’amour. Lize regarde Tess qui s’est installée entre Soren et Edwald. Hum je crois bien qu’elle a mis son plan à exécution car Tess commence à s’intéresser à mon ami. Edwald quand à lui est parti tout de suite après le film je ne sais vraiment pas quoi faire pour lui. Soren est parti peu de temps après Tess. Je me demande si il ne l’a pas rejoint pour lui proposer de la raccompagner.

    Je me retrouve enfin seul avec Lize. Nous prenons la direction du parc. Elle sait que j’aime les odeurs et les parfums qui s’y trouvent à cette période.

    -          - Ton monde te manque ? me demanda-t-elle.

    -          - Un peu c’est vrai. Mais je ne peux plus y aller. Je souffrirais encore plus de te laisser ici sans moi.

    -          - Mais tu y retourneras ?

    -          - Oui. Bien sûr. En visite seulement.

    -          - Mais je croyais que tu devais succéder à ta mère.

    -          - Oui dans de très très longues années.

    -          - Quand je serais très vieille et toi toujours beau et jeune.

    -          - Arrête s’il te plait. Je ne veux pas que l’on parle de ça pour l’instant. Tu sais que je n’ai peut-être plus autant de temps que ça pour être avec toi. Laisse-moi en profiter je te le demande.

    -          - Tu ne partiras pas avec ton père. Je me battrais pour que ça n’arrive pas. Je ne perdrais jamais espoir.

    -          - Tu pourrais mourir, tu en es consciente ?

    -          - Oui si c’est le sacrifice pour te sauver je le ferais.

    -          - Et j’en mourrais.

    -          - Quoi ?

    -          - Je te l’ai déjà dit ma princesse. Nous pouvons mourir d’une très grave blessure mais également d’un très grand chagrin d’amour. Donc si tu meures je mourrais avec toi.

    -          - Mais…

    -          - Je sais ma princesse, lui dis-je avec tristesse. Mais je me suis forcé à lui sourire avant de rajouter. Il ne nous reste plus qu’à survivre au 21 juin.

    Nous nous sommes employé à changer de conversation. Ses pensées se portaient sur le jour de mon anniversaire. Mais pour elle aussi c’était une évidence nous étions fait l’un pour l’autre. Nous étions liés pour la vie malgré notre avenir incertain.


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    CHAPITRE  17

     

    Aujourd’hui nous sommes samedi et je vais passer ma soirée chez Lize avec ses parents.

    Je devais passer la chercher. Tess n’était pas là du weekend et nous allons profiter de l’après-midi pour faire des choses ensemble. Je n’avais aucune idée sur les endroits où deux jeunes gens pouvaient aller lorsqu’ils avaient rendez-vous. J’espérais que Lize aurait des idées. Je suis arrivé très tôt devant chez elle. Elle a été surprise de voir que j’étais seul, elle croyait que mes amis seraient là. Une prochaine fois peut-être mais pas aujourd’hui c’était notre première sortie.

    Nous ne sommes pas revenus sur sa visite à Christopher, elle m’en  avait déjà parlé grâce à nos petits courriers. Et puis j’avais eu un coup de fil de Christopher dans la soirée. Il avait compris que Lize était la jeune fille de la prédiction et m’a demandé de prendre soin d’elle.

    -          - Qu’est-ce que tu as prévu ? me demanda-t-elle.

    -          - Rien du tout. Je voudrais passer une journée normale comme tous les autres couples. Je me laisse guider aujourd’hui. Montre-moi ce que tu aimes faire.

    -          - D’accord. Alors pour commencer direction la fête foraine qui vient de s’installer dans la ville voisine. Puis centre commercial et pour finir cinéma. Mes parents nous attendent pour 19 heures.

    Elle aime les fêtes foraines. Je n’y étais jamais allé mais je savais qu’il  y avait des manèges qui donnaient des sensations fortes.

    En fin de compte c’était génial, on s’est bien amusé, on a beaucoup ri surtout lorsque je me suis battu avec une barbapapa. Nous avons chahuté, nous nous sommes beaucoup embrassés. J’étais détendu. J’avais l’impression d’être enfin moi-même. Je n’étais plus sur mes gardes. Je n’étais plus un prince en danger, j’étais juste un adolescent de 17 ans. J’étais heureux et je sentais que Lize l’était également.

    Le centre commercial était ennuyeux et puis Lize refusait systématiquement que je lui offre quelque chose. J’avais du mal à comprendre, je voulais juste lui faire plaisir.

    Le cinéma est un endroit tranquille. Je n’ai pas tout compris au film car j’avais du mal à me concentrer avec Lize blottie dans mes bras dans l’obscurité. Nos baisers et nos étreintes nous ont pas mal occupé je dois dire.

    Lorsque nous sommes sortis nous avions encore un peu de temps avant de rentrer chez ses parents. Nous sommes allés prendre un café non loin du cinéma dans une petite rue que je ne connaissais pas.

    -          - Tu as passé un bon après-midi ? me demanda-t-elle.

    -          - Oui, c’était très instructif !

    -          - J’ai aimé te voir comme ça !

    -          - Moi aussi. Tu sais quelquefois c’est dur de se plier à certaines règles. J’ai des obligations envers les autres. Et grâce à toi aujourd’hui j’ai pu être moi-même.

    -          - Qu’en pensent les autres de notre relation ?

    -          - Edwald et Soren t’aiment beaucoup. Je devrais d’ailleurs les surveiller d’un peu plus près ces deux-là, lui dis-je espiègle.

    -          - Et Evguénia ?

    -          - Evguénia restera Evguénia. Je sais qu’elle te provoque de ses regards et que ça te terrifie. N’oublies pas que je peux ressentir tes humeurs. Elle sait également qu’elle et moi c’est impossible. Je crois que quelquefois elle préfèrerait que je meure pour que je ne puisse plus t’appartenir.

    -          - Ne me dis pas des choses comme ça. Je ne veux pas que tu meures, je ne veux pas que tu rejoignes ton père.

    -          - Chut ! Ne gâchons pas cette journée.

    -          - Tu as raison, désolée. En parlant d’Edwald je connais quelqu’un qui s’intéresse à lui.

    -          - Tess ! lui dis-je en souriant. Mais elle ne regarde pas autour d’elle. Il y a quelqu’un qui la dévore des yeux et qui ne demande qu’à se rapprocher d’elle.

    -          - Soren ! Maintenant que tu me le dis je comprends mieux certains de ses comportements.

    -          - Edwald s’intéresse à quelqu’un d’autre et ça le fait beaucoup souffrir.

    -          - Evguénia ?

    -          - Oui évidemment. L’amour est très compliqué. Ce n’est pas facile de trouver la bonne personne. Regarde autour de nous tous les problèmes que ça occasionne déjà.

    -          - Tu regrettes de m’avoir trouvé ? me demanda-t-elle tristement.

    -          - Non ma princesse. Tu es la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Tu me donnes la force d’avancer, de lutter contre la volonté de mon père. Si c’est toi qui m’es apparue c’est que tu étais la seule qui m’était destinée. Malheureusement dans le monde il y a des gens qui sont destinés l’un à l’autre et qui ne se rencontreront jamais.

    Je ne regrettais pas d’avoir trouvé Lize. Elle me fait découvrir de nouvelles choses et me fait connaitre de nouvelles sensations. Je croyais que vivre dans mon monde me suffisait mais plus je passe du temps avec elle et plus je me dis que c’est elle qui m’apporte la lumière. Vivre une histoire d’amour avec une humaine est beaucoup plus intense. Leurs sentiments sont multipliés par rapport aux elfes. Chaque jour nous découvrons quelque chose de nouveau et c’est euphorisant.

    Ses parents m’ont reçu chaleureusement. Je ne m’inquiétais pas mais Lize si. Son père me posait beaucoup de questions sur les plantes, les diverses végétations. Cela ne me dérangeait pas du tout je connaissais si bien la nature. J’ai même ajouté que dans ma famille nous avions un don pour le jardinage. J’essayais de me montrer poli et bien élevé mais pour ça aussi cela m’était naturel. Ils m’ont posé des questions sur ma famille, ma mère, mon oncle. Je pense que c’était important pour eux, ça devait les rassurer. Je commençais un peu à comprendre leur point de vue car j’ai tendance moi aussi à vouloir protéger Lize. Ils aimaient énormément leur fille je le voyais à leurs regards qu’ils posaient sur elle.

    Lize me regardait souvent. Au fur et à mesure de la soirée elle s’est détendue. Elle pensait que ça se passait bien et elle m’en était reconnaissante.

    Il était temps pour moi de rentrer. J’ai remercié chaleureusement ses parents pour leur hospitalité. Une idée m’est  venue à ce moment là.

    -          - Monsieur, mon oncle m’a demandé d’inviter Lize samedi prochain. Et je voulais votre permission.

    -          - C’est d’accord mais elle ne devra pas rentrer tard. Je te fais confiance pour prendre soin de ma fille, rajouta-t-il un peu plus durement.

    Je suis monté dans ma voiture et me suis dit qu’il fallait que je parle à Aldaron de mon invitation. Je savais que ça ne poserait pas de problèmes, je pense qu’il sera heureux de connaitre Lize. Par contre comment va le prendre Evguénia ? De toute façon elle ne pourra rien faire, nous serions trop nombreux contre elle.

     


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    CHAPITRE  16

     

    J’ai raccompagné les filles jusque devant la maison de Lize. Tiens ses parents sont dehors, je me demande s’ils ne nous attendaient pas. Lize est nerveuse. Tess est descendue la première de la voiture et s’est dirigé vers eux pour leur dire bonjour. Lize hésitait à sortir de la voiture, je lui ai pris la main. Je lui ai souri avant de descendre du véhicule. Elle a fait de même et nous nous sommes dirigés vers ses parents.

    Ils m’avaient l’air charmant et semblaient être un couple très unis.

    -          - Papa, maman, je vous présente Maximilien.

    -          - Bonjour monsieur, dis-je en tendant une main vers son père qui la serra à son tour.

    -          - Bonjour !

    Ah ! Il me montrait sa méfiance envers moi. Par sa froideur il voulait me faire passer le message attention à ma fille je t’ai à l’œil.

    Je me suis tourné vers sa mère et j’ai recommencé mon geste afin de lui dire bonjour également.

    C’est à cet instant que Tess choisit de partir car elle était déjà en retard pour rentrer chez son père.

    -          - Alors Maximilien, tu es au même lycée que Lize ? me dit sa mère pour engager la conversation.

    -          - Oui madame, mais seulement depuis septembre, je viens d’emménager.

    -          - Ah oui Lize m’a dit, tu viens d’Islande. Pas trop le mal du pays ?

    -          - Si un peu. Ma mère me manque beaucoup, elle n’a pas pu venir avec nous à cause de son travail.

    Je savais que Lize avait parlé de nous, de moi, à sa mère, sans lui révéler notre secret évidemment. Elle comptait sur son soutien et elle avait raison elle semblait plus ouverte que son mari sur le fait qu’un garçon s’intéresse à leur fille. Après quelques banalités j’ai pris congés. J’étais content de moi j’avais réussi à amadouer un peu son père en lui disant qu’il avait un magnifique jardin. Je sentais que Lize était fière de moi, je m’étais apparemment bien conduit. Je n’ai pas osé lui donné un baiser sur ses lèvres alors je lui en ai déposé un sur la joue et lui dit à demain.

    J’allais m’éloigner lorsque sa mère me demanda si je voulais me joindre à eux samedi soir pour le souper. Je ne pouvais pas faire autrement que d’accepter et je l’ai remercié de sa gentillesse.

    Lorsque j’ai repris la route j’ai regardé dans le rétroviseur jusqu’à ce que je ne voies plus Lize fixant également la voiture.

    Il va falloir que je sois à la hauteur, mon avenir avec Lize en dépendait et je ne voulais pas me mettre à dos ses parents. Je savais déjà que Lize appréhendait cette soirée. Même si je ne lisais pas en elle je l’aurais su quand même.

    Je savais qu’elle remerciait ses parents pour les efforts qu’ils faisaient à mon égard.

    Je m’éloignais de plus en plus  de mes amis et je passais de plus en plus de temps seul dans ma chambre. Je jouais comme à mon habitude avec mon petit boitier. Lorsque j’ai su qu’à l’intérieur m’attendait un petit mot de Lize.

    Je crois que ça s’est bien passé avec mes parents.

    Heureusement pour moi je ne mettais jamais très loin mon bloc et mon crayon. Je lui ai répondu très vite.

    Je le crois aussi. Tout va bien se passer.

    Ne t’inquiète pas pour samedi.

    Je viens vous chercher demain matin.

    Je t’aime.

    Maximilien.

    Je t’aime aussi.

    Lize.

    Celui-ci je ne voulais pas le détruire. Je voulais pouvoir le lire et le relire. Mettre par écrit je t’aime est tout un symbole quelque chose qui reste même lorsque l’on s’absente. Bien sûr rien ne vaut que de l’entendre dire à son oreille car c’est une douce musique à notre cœur. J’ai mis ce morceau de papier particulier dans mon portefeuille, je savais qu’il serait toujours près de moi.

    Cette nuit là les rêves de Lize m’envoutaient. Elle rêvait de nos caresses, de nos baisers. Mes sens étaient en éveil ça donnait un côté très excitant. Il m’a fallu beaucoup de concentration pour m’empêcher de m’éclipser dans la chambre de Lize.

    Lorsqu’il a fallu me lever pour le lycée je n’en avais pas très envie. J’étais fatigué de la nuit que j’avais passé dans les rêves de Lize. Me reprendre et calmer mes pulsions ont été un exercice assez épuisant il faut absolument que je contrôle mes rêves où du moins les effets qu’ils avaient sur moi.

    Après une bonne douche, un bon petit déjeuner et un tête à tête avec les arbres de la propriété je me sentais nettement mieux. Soren m’attendait au pied de la voiture et s’impatientait un peu.

    -          - On va finir par être en retard et les filles seront déjà parties pour le lycée.

    -          - J’arrive j’avais besoin de reprendre des forces.

    -          - Mauvaise nuit ?

    -          - On ne peut pas dire qu’elle était mauvaise, lui dis-je d’un air espiègle.

    Soren souriait à son tour et s’est engouffré dans la voiture. Il n’a pas osé me questionner sur ce que j’avais voulu dire mais je le soupçonnais d’avoir trouvé la direction de mes sous-entendus.

    Nous avons trouvé Tess et Lize en grande conversation. Les filles ont toujours des choses à se dire et c’est plutôt très humain. Lize voulait me parler, elle voulait aller voir Christopher. Je ne pouvais pas lui en empêcher pour elle et Tess, Christopher était leur ami. Elles ne savaient pas ce qu’il était pour nous. Et puis je lui étais reconnaissant d’avoir veiller sur la maison de Lize lorsque ses parents s’absentaient. Cependant il y avait le problème de JD. J’avais un peu peur de ses réactions alors j’ai demandé si Tess y allait également. Je savais aussi que cette démarche était importante pour Lize, elle ne voulait pas disparaître comme ça du jour au lendemain sans donner d’explications.

    Entre les cours j’essayais d’apercevoir Lize et à chaque fois que nos regards se croisaient son cœur battait plus vite et plus fort. Grâce à mes capacités je pouvais l’entendre comme si elle était tout contre moi. Nous ne voulions pas nous faire remarquer alors en cours d’histoire nous sommes restés à nos places initiales. Je ne pouvais pas m’empêcher de la regarder, de remarquer le moindre geste ou la moindre mèche qui retombait sur son visage et qu’elle replaçait délicatement derrière l’oreille. Edwald me rappelait souvent à l’ordre en donnant des coups de coude et en levant les yeux au plafond, en soupirant.

    Au réfectoire je pouvais enfin la retrouver. Les murmures avaient cessé mais Lize ne se sentait toujours pas très à l’aise. C’était agréable de faire parti d’un groupe et de parler de choses et d’autres. Evguénia regardait Lize avec tellement de haine que j’avais de plus en plus de mal à le supporter mais que pouvais-je faire, la renvoyer chez nous ? Elle ne dépassait jamais les limites et gardait ses distances.

    La journée de cours prenait fin et j’attendais sur le parking, adossé à ma voiture. J’étais seul, mes amis étaient déjà partis. Elle arrivait avec Tess en me regardant les yeux brillants. Je ne voulais pas qu’elle me laisse mais il fallait qu’elle aille à la Cafet. Nos baisers s’éternisaient et Tess s’est sentie obligée de tousser pour nous rappeler sa présence.

    J’ai voulu jouer avec ses sentiments en lui faisant une mine à la fois boudeuse et espiègle. Bien sûr elle n’y croyait pas mais j’ai senti qu’elle avait un réel plaisir de me voir ainsi.

    Je me suis approché, j’avais l’esprit ailleurs et je voulais le lui dire.

    -          - J’oubliais, je rêve toujours de tes rêves, ma princesse. Ils me plaisent, ils deviennent de plus en plus intéressant, lui chuchotais-je.

    -          - Maximilien ! me souffla-t-elle gênée alors que je m’engouffrais dans la voiture.

    Je les ai regardé entrer dans la Cafet je savais que le seul danger était un simple humain. Pour les autres dangers Christopher les protégerait. Je rentrais rassurer malgré le fait de laisser Lize. Mais il fallait que je lui fasse confiance et que je lui laisse un peu de liberté. Je me savais un peu trop possessif à son égard et je sentais que c’était mal. De toute façon je le savais toujours lorsqu’elle était en danger et lire dans ses pensées me permettait de garder un œil sur elle.

    Il fallait aussi que je passe un peu plus de temps avec mes amis, ils s’étaient jusqu’à présent montrer patients avec moi et sans se poser de questions.

    Lize avait raison il fallait que l’on vive normalement sans craindre ce qui pouvait se trouver derrière nous.

     

     


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    CHAPITRE 15

     

    L’aube était arrivée avec mon éveil. Je me suis levé et j’ai regardé par la fenêtre la nature s’éveillée doucement.

    Flâner sous la douche était quelque chose que j’aimais beaucoup. Ça me faisait penser à notre cascade chez nous. Toute cette nature et ces endroits magnifiques me manquaient. J’espérais qu’un jour je pourrais les montrer à Lize.

    Soren m’attendait dans la cuisine. Il était seul. Je lui ai souri.

    -          - Toujours décidé à me suivre ?

    -          - Il te faut un garde du corps, me dit-il en riant.

    Comment Tess va prendre le fait que j’aille les chercher ? Lize va tout lui raconter j’en suis certain. Elle va lui parler de l’attaque des ombres à moins qu’elle ne lui parle que de JD. De toute façon maintenant il n’est plus question que Lize aille à pied au lycée, beaucoup trop dangereux. Nous avons roulé vers Bothell en direction des quartiers résidentiels. Lorsque j’ai tourné dans sa rue je les ai vu toutes les deux devant la maison. Mes yeux fixaient déjà la silhouette de Lize, j’avais hâte de la voir. Tess a perdu son sourire quand elle a vu que ce n’était pas Edwald mais Soren qui m’accompagnait. Soren était gêné il avait compris. Il céda cependant sa place à Lize pour se mettre à l’arrière.

    -          - Bonjour ma princesse, lui dis-je en l’embrassant.

    Hummm ! C’était tellement bon. Ses lèvres m’avaient tellement manqué.

    -          - Edwald n’est pas avec vous ? demanda Tess.

    -          - Non. Il est parti au lycée avec Evguénia, lui dit Soren.

    -          - Ça va ? demandais-je à Lize en lui caressant la main.

    -          - Oui. Je n’ai pas envie de me sauver si c’est ce que tu veux savoir. Par contre je voudrais que l’on se retrouve à la fin des cours. Je crois que nous avons tous à parler. Tess doit savoir et je veux que vous soyez là. Maximilien tu peux voir ça s’il te plait ?

    -          - Tu as raison. Il y a encore trop de choses que tu ignores et c’est important pour votre sécurité que vous appreniez certaines choses.

    J’étais soulagé que Lize veuille encore de moi. Je trouvais qu’elle avait eu une bonne idée. Nous devions nous retrouver en dehors du lycée dans un endroit où nous pourrons parler sans crainte. Tess doit tout savoir. Elle est de toute façon impliquée depuis que les ombres s’étaient prises à elles un soir.

    Nous arrivions au lycée. Je voulais que ce soit une belle journée. Je voyais Edwald et Evguénia qui nous attendaient sur le parking. Je suis descendu et j’ai pris Lize par la taille. Nous avons pris le chemin des cours, la journée va être longue.

    Il était 15 heures lorsque nous nous sommes retrouvés devant nos voitures. J’avais parlé à Edwald et Evguénia de l’idée de Lize. Evguénia n’était pas d’accord mais elle s’est abstenue de tout commentaire. Il nous fallait un endroit calme et tranquille. Je savais que Lize avait pensé à la Cafet l’endroit où se trouvait le gardien Christopher. Mais je n’avais pas le droit de lui en parler. De toute façon elles ne voulaient pas aller là-bas à cause de JD. Aller chez Lize ? Impossible en plus sa mère est là la journée. Soren a proposé que l’on aille chez nous et vu qu’Aldaron s’était absenté pour la journée nous ne serions pas dérangés.

    Tess hésitait, elle avait peur de se retrouver avec nous, dans une maison inconnue éloignée de toute habitation. Elle a regardé Edwald et je crois que c’est la chose qui l’a poussé à accepter. Pouvoir être avec lui a fait pencher la balance de notre côté.

    Nous nous sommes garés devant la maison. Lize admirait la demeure et regardait les différentes plantations alentour. Elle pensait au printemps.

    Nous nous sommes installés au salon. Je tirais Lize vers moi pour que l’on puisse s’assoir ensemble sur un des canapés. Je savais que mes amis ne prendraient pas place avec nous ils avaient compris. Tess s’est assise sur le sol non loin de son amie.

    Le silence était pesant. Chacun devait attendre que quelqu’un prenne enfin la parole. Lize s’est décidée à parler la première en me demandant si elle pouvait tout raconter à Tess. Je lui ai souri en lui faisant un signe de la tête afin de lui donner mon accord.

    Pendant que Lize lui expliquait, Tess ne parlait pas. Elle restait sans voix ce qui était bizarre surtout pour ceux qui la connaissait. Elle devait digérer les informations.

    -          - Vous rigolez là ? Vous vous moquez de moi ? Des elfes ?

    -          - Tess, lui dit son amie. Tu es celle qui devrait le plus y croire, ça fait plusieurs années que tu me bassines avec tes créatures surnaturelles et là tu as l’air sceptique !

    -          - Des elfes ? J’avais pensé à tout sauf à des elfes. Enfin vous êtes tous des elfes ou bien il n’y a que Maximilien ?

    -          - Tous, s’empressa de lui répondre Soren. Nous sommes là pour protéger Max. Dans notre peuple, il y a une hiérarchie comme dans tous les royaumes. Mais comment vous expliquer plus simplement ! Hummm….. Max est en haut de l’échelle c’est le fils de notre reine. Il sera à la tête de notre peuple lorsque sa mère le sentira assez mûr et capable de prendre sa place. Nous, nous sommes comme des chevaliers.

    -          - Des chevaliers comme pour le Roi Arthur ? dit Tess.

    -          - Un peu, lui dis-je en riant. Mais ils ne sont pas mes serviteurs. Ils sont libres de faire ce qu’ils veulent. Ils n’ont pas de compte à me rendre. Ils sont mes amis. Ils doivent seulement respecter leur rang par rapport au mien. Je n’aime pas le principe mais par notre éducation nous sommes obligés de nous y plier.

    Lize m’a regardé. Elle avait compris pourquoi nous étions seuls sur le canapé. Elle nous a demandé ce qu’elles devaient savoir sur nous. Cette fois-ci c’est Edwald qui leur a expliqué que nous étions très proches de la nature, que nous avons la vue et l’ouïe super développées, que l’on ne craignait pas les maladies et que nous avions quelques pouvoirs magiques. Après un moment d’hésitation il rajouta que lorsque nous arrivions à l’âge adulte nous ne vieillissions plus, que nous étions immortels. Je me demandais comment prendrait Lize le fait que je sois un immortel mais Tess coupa mes pensées.

    -          - Oh la vache ! Immortels ! C’est le pied !

    -          - Tess. Je t’en pris, calme-toi.

    Nous leur avons expliqué que cependant nous pouvions mourir d’une très grave blessure. La discussion s’est encore prolongée quelques temps, nous leur avons un peu raconté comment était notre monde, ce qu’on y faisait.

    Lize était un peu nerveuse, il y avait des choses que nous n’avions pas encore abordé.

    -          - Est-ce que l’on peut parler des ombres maintenant ? me demanda-t-elle.

    Tout le monde avait repris leur sérieux. J’ai pris Lize dans mes bras.

    -          - Qu’est-ce que tu veux savoir ma princesse ?

    -          - Tout.

    Tout ? Etait-elle prête à tout entendre. Je soupirais et je me demandais si je devais tout leur dire. Je me suis lancé en leur expliquant que les ombres sont en fait des elfes de la nuit, un peuple méchant et sanguinaire. Qu’à force de monstruosité ils se transforment en démon. A la tête de ces elfes démons se trouve mon père Delduwath. On lui a prédit que s’il avait un jour un fils avec une femme de la plus haute lignée de sa société, ce fils se lierait à ses côtés le jour de ses 18 ans. Il deviendrait le plus puissant démon qu’il eut existé. Qu’il pourrait même prendre la place du dieu des enfers et de faire le mal sur toute la terre. Très ambitieux il se mit en quête de ce pouvoir. Il a cherché la femme la plus exceptionnelle qui pourrait engendrer un fils. C’est pourquoi une nuit, il s’est transformé en un être d’une immense beauté et qu’il séduisit ma mère.

    Lorsque je suis né, mon peuple a remarqué que je n’étais pas tout à fait comme les autres nouveaux nés. J’avais une marque sur la poitrine, la marque du peuple de la nuit. Ma mère a compris ce qu’il lui était arrivé et appris la prémonition qui pesait sur son enfant. Avec l’aide de son peuple et afin de sauver le futur roi ils cherchèrent un moyen de la détourner. Il fallait que je tombe éperdument amoureux d’une humaine qui me sauverait.

    A ce moment là, le silence se fit ressentir au sein de notre groupe. Evguénia fixait Lize avec tellement de haine. Il fallait que je l’éloigne un moment.

    -          - Tess ça te dérange si j’emmène Lize quelques instants ? Je voudrais que l’on parle tous les deux. Je te laisse en bonne compagnie, je te l’assure !

    -          - On va te faire visiter la maison et le jardin, lui dit Soren.

    -          - D’accord.

    Elle n’était pas ravie de rester seule avec mes amis sans doute parce qu’elle savait la vérité sur nous. Lize était inquiète pour son amie mais elle me laissa l’entrainer dans ma chambre.

    -          - Qu’est-ce que tu veux me dire ?

    -          - Tout d’abord il y a une chose que je veux faire depuis un moment.

    Je l’enlaçais, lui caressais les cheveux. Je les ai dégagé pour que ma bouche puisse descendre le long de son cou afin de lui déposer de légers baisers. Elle frissonnait comme la dernière fois. Je cherchais ses lèvres. Elle m’a mis ses doigts dans mes cheveux. Je n’ai pas pu attendre plus longtemps et je l’ai transporté sur le lit. J’avais envie de parcourir ce corps de caresses. Ma main allait et venait doucement le long de la colonne vertébrale. Je la sentais très réceptive à mes avances. J’ai senti sa main se faufiler sous mon tee-shirt, elle m’électrisait, je frissonnais de plaisir nouveau sous ses doigts. J’avais envie de toucher sa peau et j’ai mis à mon tour ma main sous son pull. Elle vibrait de plaisir. Plus je m’approchais de sa poitrine plus elle avait le souffle court et son cœur s’accélérait. J’ai exploré ses seins, les caressant avec délicatesse. Je l’entendais gémir à mon oreille. Une douce musique qui me donnait des ailes, me transportait d’un désir immense. Je voulais être en elle comme jamais je ne l’aurais cru possible.

    J’ai réussi à m’écarter le souffle court. Je ne devais pas passer ce stade, pour Lize, pour son avenir. J’en avais tellement envie mais il nous faudra attendre après mon anniversaire.

    -          - Je crois qu’il vaudrait mieux que l’on arrête là ma princesse, lui chuchotais-je.

    Elle n’en avait pas plus envie que moi. Nous avions goûté à ces désirs et nous ne voulions pas que ça s’arrête. Elle continuait à m’embrasser, j’étais à deux doigts de flancher mais elle savait que j’avais raison. Nous sommes restés blottis l’un contre l’autre le temps de retrouver notre calme. Je lui caressais les cheveux pour l’apaiser comme souvent maintenant.

    -          - Tu ne peux pas t’imaginer tout le bonheur que ça me donne d’être avec toi ma princesse.

    -          - Je n’aurais jamais pensé être amoureuse. Tu sais c’est tout nouveau pour moi. Je n’ai jamais été avec un garçon. Je n’ai jamais…

    -          - Chut ! Je le sais…

    Bien sûr que j’étais au courant. Si elle savait ce que je pouvais ressentir lorsque j’entendais son cœur battre à toute vitesse, son souffle contre moi, ses pensées lorsque l’on s’embrassait.

    J’ai pris sur moi et j’ai repris notre conversation sur les ombres. J’avais encore certaines choses à lui apprendre. Je lui ai expliqué que lorsque j’ai rêvé d’elle la nuit de mes 17 ans, j’ai été troublé. Je ne connaissais pas ce visage, cette fille ne faisait pas partie de mon peuple. Jusqu’à présent j’avais vécu une enfance et une adolescence plein d’amour, de joie et d’amusement. J’étais déjà avec mes trois amis inséparables. Tout le monde disait qu’un jour je me marierais avec Evguénia mais pour moi c’était impossible, je la considérais comme ma petite sœur. Ma mère m’avait dit qu’un jour je trouverais celle qui me serait destinée, que je le saurais au premier regard. Alors quand nuit après nuit j’ai vu cette belle jeune fille, j’ai fini par en parler à ma mère. C’est là qu’elle me parla pour la première fois de mon père et de la prédiction. Cette vérité me faisait peur, je ne voulais pas faire le mal, je ne voulais pas suivre ce démon que je ne connaissais pas sous prétexte que c’était mon père. Ma mère m’avoua ce qu’elle avait fait grâce à la magie pour me donner une chance qui la prémonition ne se fasse pas mais elle comportait quelques risques. Le premier que la jeune fille ne tombe pas amoureuse de moi, le deuxième c’est qu’elle serait en grand danger et donc qu’elle pourrait mourir. Le troisième était lier à la précédente car il y a encore une chose qui peut faire mourir un elfe c’est un très grand chagrin d’amour.

    Je l’ai regardé histoire de juger ses réactions. Je savais que c’était dur pour elle de croire à tout ce que je venais de lui apprendre. Elle se demandait si elle rêvait. J’étais tellement triste je voulais tellement qu’elle me croit.

    -          - Comment m’as-tu trouvé ? me demanda-t-elle.

    -          - Par la magie. J’ai prononcé une formule pour me montrer où tu étais. Et je t’ai vu dans ce camp d’été. Tout était très clair, le pays, la ville,… Mon oncle a tenu à m’accompagner car je ne pouvais pas débarquer comme ça dans votre monde, surtout à 17 ans. Je ne savais toujours pas comment tu t’appelais. Lorsque je suis descendu de la voiture, j’ai ressenti quelque chose. J’ai su que c’était toi qui me regardais.

    -          - Pourquoi n’as-tu pas essayé de faire connaissance avec moi ?

    -          - Mais je l’ai fait en te faisant venir à moi grâce à cette mélodie. Si tu étais bien celle qui m’était destinée, tu devrais entendre cette musique car elle te représente. Je ne voulais pas te brusquer, comme je te l’ai déjà dit c’est toi qui devais vouloir me parler, me rencontrer. Je ne devais pas forcer ta destinée.

    -          - Et ensuite ?

    -          - Ensuite mon oncle a fait des recherches pour savoir où tu habitais, il a acheté une maison. Je suis reparti chez moi. Ma mère ne voulait pas que je sois sans défense, elle voulait m’envoyer une partie de ses gardes. Mais je voulais me fondre dans votre monde alors j’ai proposé la présence d’Edwald, Soren et Evguénia.

    -          - J’ai rêvé de toi chaque nuit à mon retour du camp. Je ne comprenais pas.

    -          - Je sais. Je voyais tes rêves nuit après nuit.

    -          - Quoi ? Mais…. Me dit-elle rougissante.

    -          - D’ailleurs je te couvrais de baisers et …

    -          - Stop ! S’il te plait !

    Je n’ai pas pu m’empêcher de rire en la voyant aussi mal à l’aise. J’en avais besoin pour faire disparaître ma tristesse de tout à l’heure. C’était ça avec Lize, je n’arrêtais pas d’être à la fois triste et heureux.

    -          - Qu’est-ce qu’il va se passer maintenant ?

    -          - Ne t’inquiètes pas ma princesse, je te protègerai.

    -          - Mais je ne peux pas vivre comme cela tout le temps. Regarder toujours derrière soi, paniquer au moindre bruit ou au moindre silence. Y’a-t-il une solution ?

    -          - Tenir bon jusqu’à mes 18 ans.

    -          - Et c’est quand ?

    -          - Au mois de juin.

    -          - Six mois ? Tant que ça.

    -          - Je suis désolée ma princesse. Mais tu peux aussi me quitter, ne plus vouloir me voir.

    -          - Non ! Ne me dis pas ça. Je ne peux plus être sans toi. Je t’aime et tu n’y changeras rien. Nous allons trouver une solution ensemble. Je tiendrais bon je te le jure.

    Je réfléchissais à nos dernières paroles. Elle avait trouvé que 6 mois étaient longs alors que moi je trouvais que c’était si court le temps qu’il me restait pour être auprès d’elle. Elle ne peut plus être loin de moi comme moi d’elle. Je voudrais tellement qu’il existe une solution, quelque chose de concret car là nous sommes tous un peu dans le brouillard.

    Est-ce que Lize tiendra jusqu’au mois de juin ? Elle le croit et ça me rappelait les mots d’Aldaron qui disaient qu’elle était plus forte que nous le pensions.

     


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    CHAPITRE 14

     

    J’ai eu la force de m’éclipser jusqu’à ma chambre avec Lize dans mes bras.

    Cela faisait déjà un moment qu’elle était évanouie et je commençais à m’impatienter. Etait-ce normal ? J’ai appelé Aldaron pour lui expliquer ce qui c’était passé.

    -          - Nous y sommes, elle est en danger Maximilien.

    -          - Mais pourquoi ? Pourquoi lui vouloir du mal.

    -          - Vous êtes plus proche de jour en jour et les espions de ton père ont dû lui faire rapport sur la situation.

    -          - Son état n’est pas normal. Il faudrait peut-être l’emmener dans un hôpital ?

    -          - Non, ce n’est pas la peine, elle n’a aucune blessure. Elle est juste en état de choc.

    Je me retournais vers elle.

    -          - Lize ? Je t’en supplie réveille-toi ma princesse.

    Je sentais qu’elle m’entendait, elle avait repris des couleurs. Je lui ai caressé le visage. Je ne pouvais m’empêcher de lui déposer de doux baisers sur son front.

    Aldaron regardait par la fenêtre l’air songeur.

    -          - Elle va bien, ne t’inquiètes pas pour elle, elle est plus forte que nous le pensions.

    Je suis resté seul avec Lize pendant un moment attendant l’instant où elle ouvrirait les yeux. Je lui tenais la main pour qu’elle sache que j’étais là avec elle quand elle reprendrait connaissance.

    Ce qu’elle a fait quelques instants plus tard. Je suis rapproché d’elle pour qu’elle puisse me voir. J’étais tellement triste de ce qui lui était arrivée mais j’ai réussi à lui sourire, j’étais tellement soulagé.

    -          - Oh Lize ! Tu m’as fait une telle peur !

    -          - Où je suis ? Tu m’as ramené chez moi ?

    -          - Non. Tu es dans ma maison, dans ma chambre.

    -          - Comment ta chambre ?

    -          - Chut ! Ne t’énerve pas ! Je ne savais pas où t’emmener, il fallait te mettre rapidement en sécurité.

    Elle s’est assise péniblement encore affaiblie par son évanouissement. Elle jetait un œil à la chambre comme pour se rappeler des moindres détails. Je sentais que la pièce l’apaisait, sans doute à cause des couleurs claires que j’avais choisi. Elle s’est tournée vers moi, des larmes coulaient sur ses joues. Je l’ai prise dans mes bras et je lui ai caressé longuement ses cheveux si doux, si soyeux. J’ai descendu ma main délicatement le long de sa colonne vertébrale. Elle s’est mise à frissonner et je sentais que ce n’était pas à cause du froid. Elle a levé la tête vers moi et comme attiré par ses lèvres je l’ai embrassé avec beaucoup d’ardeur et de fougue. C’était beaucoup plus intense que la première fois. Je n’ai pas pu résister à l’envie de l’embrasser dans le cou. Mon cœur avait des ailes lorsque j’ai senti que mes baisers lui procuraient quelques petits sursauts de plaisir.

    -          - Je t’aime, ma princesse, lui dis-je dans un souffle à l’oreille.

    J’avais vraiment ressenti le besoin de le lui dire. Elle me repoussa légèrement essayant de s’écarter doucement de mon étreinte. L’avais-je blessé ? Elle cherchait mon regard. Peut-être ne croyait-elle pas à mes paroles ? Je ne voulais pas qu’elle doute de ma sincérité. J’ai cherché à accaparer son regard afin qu’elle remarque tout l’amour que j’avais pour elle et qui se lisait dans mes yeux.

    -          - Je t’aime Lize.

    Elle continuait à me fixer, son cœur battait si fort.

    -          - Je t’aime aussi.

    En entendant ces simples mots, mon visage s’est éclairé, à cet instant j’oubliais les ombres, mon père, le danger, j’étais heureux et elle le sentait.

    -          - Tu peux m’expliquer comment je suis arrivée ici ?

    -          - Tu t’es évanouie dans mes bras et je t’ai transporté jusqu’ici. Nous sommes chez mon oncle Aldaron. J’habite ici avec Edward, Soren et Evguénia.

    -          - Tes parents ?

    -          - Ma mère est restée chez nous, elle avait des obligations et mon père je ne l’ai jamais vu.

    -          - Je suis désolée.

    -          - Ce n’est rien.

    Elle avait envie de parler. Elle était calme mais déterminée à me poser certaines questions.

    -          - C’est toi la lumière qui fait disparaître les ombres ?

    Nous étions sur le chemin de la vérité. Il me fallait répondre.

    -          - Oui. Mais je ne suis pas arrivé assez vite. J’ai failli te perdre.

    -          - Comment pouvais-tu savoir que j’étais en danger ?

    -          - Je ressens tes humeurs comme la joie, la tristesse, la peur. Mais je savais que tu avais besoin d’être un peu tranquille ce matin. Tu avais tellement mal, tu étais tellement triste. J’aurais voulu être à tes côtés mais tu devais surmonter la perte de ton ami seule.

    -          - Comment tu sais que j’ai perdu JD ?

    -          - J’entends très bien les conversations mais jusqu’à une certaine distance. Je suis désolé de t’avoir suivi.

    -          - On en reparlera plus tard. Continue.

    Jusqu’à présent elle prenait assez bien les choses.

    -          - Donc j’ai pensé que tu étais partie chez toi, que tu voulais restée seul, tu étais tellement triste. Je n’arrivais pas à me concentrer. Lorsque j’ai ressenti ta peur je me suis précipité jusqu’au parc en espérant qu’il ne soit pas trop tard.

    -          - Mais je suis là, c’est ce qui compte. Est-ce que tu es un être magique comme ta boite à musique ?

    Je la regardais, je voulais voir sa réaction au moment où je lui dirais ce que je suis.

    -          - Oui. On peut dire ça comme ça. Je suis plus exactement un elfe. On nous appelle aussi Huldufolk ou peuple caché. Ma mère est la reine de ce peuple, elle s’appelle Célébrian.

    Elle était sceptique. Son esprit vagabondait entre réalité et fiction.

    -          - Un elfe ? Mais ce n’est pas possible. Tu te moques de moi ?

    -          - Tu sais que je te dis la vérité. Tu te le caches mais tu le sais depuis notre rencontre l’été dernier.

    -          - En parlant de l’été dernier est-ce que tu peux tout m’expliquer depuis le début ?

    J’étais rassurée de sa réaction. J’avais besoin d’être un peu mieux installé, je me suis allongé près d’elle. J’avais besoin de la sentir contre moi pour lui expliquer. J’ai tendu les bras afin qu’elle vienne se blottir contre mon torse.

    -          - Je t’ai dit tout à l’heure que je n’avais jamais vu mon père. C’est vrai, cependant je sais qui il est. C’est un démon qui a réussi à séduire ma mère pendant un moment de faiblesse. Je suis donc mi-elfe mi-démon. Mon père veut me forcer à devenir comme lui le jour de mes 18 ans. La seule chose qui peut empêcher cela c’est que je tombe éperdument amoureux d’une humaine. Ce qui est très rare pour notre peuple. Cela n’arrive qu’à quelques élus. Seulement je ne peux pas faire semblant. Il faut que l’amour soit réel et dans les deux sens. Je sais que c’est elle car elle doit m’apparaître en rêve. Et le jour de mes 17 ans c’est toi qui m’est apparu nuit après nuit alors que nous n’avions aucun espoir que je sois l’un des élus. Il fallait que je te trouve, et voilà comment je suis arrivé dans ce camp de vacances. C’est également pour cela que les ombres veulent te tuer. Elles sont envoyées par mon père car tu es le seul obstacle entre lui et moi.

    -          - Est-ce que tu as utilisé la magie pour me séduire ?

    -          - Non ! Je te l’ai dit notre amour doit être sincère.

    Je gardais le silence. Croyait-elle à cette histoire ? Il fallait que je lui laisse du temps.

    -          - Il se fait tard et tes parents vont s’inquiéter de ne pas te voir rentrer.

    Elle restait blottie contre moi. Je sentais qu’elle ne voulait pas partir ce qui me rassurait. Lire dans ses pensées devenait de plus en plus facile. Elle savait qu’elle devait rentrer pour expliquer à ses parents pourquoi elle n’avait pas été au lycée aujourd’hui.

    Nous nous sommes dirigés vers le salon où se trouvaient Edwald, Soren et Evguénia. J’étais gêné de les voir regarder Lize, ils se demandaient sûrement si maintenant elle savait ce que nous étions. Edwald et Soren lui souriaient, je pense qu’ils aimaient déjà beaucoup Lize. Evguénia lui jetait des regards noirs et je sentais le mal être de celle que j’aimais.

    Soren s’approcha.

    -          - Je suis content que tu ailles mieux.

    -          - Merci c’est gentil.

    -          - Tiens, tiens, notre invitée s’est enfin réveillée.

    Elle s’est retournée brusquement. Aldaron venait d’entrer dans la pièce. C’est vrai elle ne le connaissait pas encore.

    -          - Et je vois que vous avez repris des couleurs. Je suis l’oncle de Maximilien. Bienvenue dans cette maison.

    -          - Merci, lui dit-elle. Je suis désolée pour les problèmes que je vous occasionne.

    Sa voix était tremblante mais elle essayait de le cacher.

    -          - Ne vous inquiétez pas pour ça ! Mais il serait plus judicieux que tu la raccompagnes avec la voiture, me dit-il en dirigeant son regard vers moi.

    Je lui fis un signe de tête et j’ai entrainé Lize vers l’extérieur. Elle ne disait pas un mot et dans la voiture elle regardait l’horizon. Je savais qu’elle se posait encore des questions. Elle avait reconnu mon oncle puisque c’est avec lui que je suis arrivé au camp de vacances. Pour l’instant son esprit se battait entre le rêve et la réalité.

    -          - Pourquoi est-il judicieux que tu prennes la voiture ? me dit-elle tout d’un coup.

    -          - J’ai quelques pouvoirs. Je peux te transporter où tu veux en un éclair. Cependant nous ne devons pas nous faire remarquer par les gens normaux.

    -          - Mais tu as utilisé ce moyen pour m’emmener chez toi ?

    -          - Le parc était désert et puis nous pouvons faire apparaître un épais brouillard. Ce qui nous facilite les choses.

    J’ai arrêté la voiture. Nous étions déjà arrivés devant chez elle. Je me suis penché pour lui donner un léger baiser et elle a ouvert la portière.

    -          - Lize, je te vois demain ?

    -          - Bien sûr. Il faut bien que je retourne en cours.

    -          - Téléphone à Tess. Elle s’est inquiétée toute la journée. Et elle t’a envoyé une tonne de message. Je viendrais vous prendre ici-même. Enfin si tu veux toujours de moi.

    Je sentais dans ma voix de la tristesse qu’elle a ressenti elle aussi. Elle m’a alors déposé un baiser sur mes lèvres.

    -          - Bien sûr que je veux encore te voir. Je t’aime !

    -          - Je t’avais dit que la vérité pourrait t’éloigner de moi. Pour l’instant tu es encore en état de choc mais demain tu prendras conscience de ce que je suis et ….

    -          - Et rien ! Je sais ce que tu es maintenant. Je ne vais pas te mentir ça me fait peur et j’ai encore beaucoup de questions à te poser mais mes sentiments sont réels et tu avais raison ils sont réels depuis un bon moment.

    Je l’ai regardé franchir la porte de sa maison. J’étais encore sur le coup de ce qu’elle m’avait dit. Je voulais espérer qu’elle m’aimerait encore demain. Je la savais sincère mais je ne pouvais pas lui demander de tout comprendre et de tout accepter sans lui laisser une nuit de réflexion. J’avais tellement peur qu’elle me fuit.

    J’ai roulé un moment avant de rentrer. Je trouvais ça très agréable de rouler la nuit. Il n’y avait pratiquement plus personne. Tout le monde était rentré dans la chaleur de leur foyer après leur travail, pressé de voir leur femme, leurs enfants. J’ai pris conscience que j’avais pris le chemin de chez moi lorsque les hauts murs de la demeure me sont apparus.

    J’allais dans la cuisine, les autres avaient déjà pris leur repas. Je me suis fait une assiette rapide avec ce que je trouvais dans le réfrigérateur. Aldaron m’avait entendu rentrer car il est venu me rejoindre. Nous nous sommes installés à la table.

    -          - Tu lui as dit qui tu étais ?

    -          - Oui.

    -          - Quelle a été sa réaction ?

    -          - Elle a encore un peu de mal à y croire. Elle se pose des questions.

    -          - Mais ses sentiments envers toi sont-ils les mêmes que ceux que tu lui portes ?

    -          - Je le crois oui. Je ne veux pas te paraître irrespectueux mais les détails de ma vie sentimentale ne te regarde  pas.

    -          - Je suis désolé Maximilien. Je ne voulais pas te manquer de respect et tu as le droit de garder cela pour toi. Mais mon but est de te protéger. J’ai le droit de savoir si notre avenir est menacé ou pas.

    -          - Ce n’est pas une mission, mon amour pour Lize est réel et sincère. Je ne veux pas que vous en doutiez.

    Je me suis retiré dans ma chambre. J’ai été élevé comme un humain, je ne pouvais pas toujours demander à mon entourage de me comprendre surtout pour des êtres surnaturels mais ce que m’avait dit Aldaron m’avait blessé. Il croit quoi ? Que je vais utiliser Lize pour me sauver la mise et ensuite au revoir, merci pour tout, je retourne dans mon monde.

    Lize était importante pour moi. La voir faisait chavirer mon cœur. La voir rougir me faisait craquer. L’embrasser, sentir son désir monté en elle, me transportait vers de nouvelles sensations.

    L’aimer n’était-il pas dangereux ? La réponse était évidente surtout lorsque je pense à mon père.

    Et puis cette journée. Elle a perdu son meilleur ami, à cause de nous, à cause de moi. Mais je crois que ça en vaut la peine. Je suis heureux d’avoir rencontré quelqu’un comme elle.

    Son odeur planait encore dans ma chambre, être allongé là avec elle blottie dans mes bras m’avait comblé. Elle savait enfin qui j’étais. Demain je saurais si elle veut toujours de moi, je ne veux pas la perdre. Je ressentais ses sentiments, elle ne voulait pas me perdre, c’était plutôt une bonne nouvelle et elle voulait que je sois près d’elle. Si elle savait que moi aussi j’aimerais être dans sa chambre, passer mes nuits dans ses draps. Reprends-toi Maximilien.

    Je pris mon bloc et mon crayon pour lui écrire un message.

    Je suis toujours là avec toi, ma princesse.

    Tant pis si elle va se poser des questions. Je n’ai pas pu m’en empêcher. Il fallait que je lui fasse comprendre que mes émotions étaient les mêmes que pour elle.

    Elle s’était endormie paisiblement au son de sa musique.

     


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    CHAPITRE  13

     

    Lorsque je suis allé dans la cuisine pour prendre mon petit déjeuner je n’ai trouvé que Soren.

    -          - Où sont les autres ?

    -          - Aldaron est dans son bureau. Edwald et Evguénia sont déjà partis, ils vont nous rejoindre au lycée.

    -          - Mais je ne dois pas aller chercher Lize ce matin.

    -          - C’est pas grave. Tu peux te dépêcher parce que vu l’heure on va être en retard. Et en général tu aimes arriver avant elle.

    -          - Je me dépêche. Je te rejoins dans la voiture.

    Quinze minutes plus tard je démarrais en direction du lycée. J’avais le cœur léger. Soren souriait.

    -          - Oh ! ça va ! Arrête de te moquer.

    -          - Non, je ne me moque pas ! Mais te voir comme ça c’est assez nouveau. Je t’envie même.

    -          - Tu m’envie ?

    -          - D’être aussi heureux, oui.

    -          - Mais tu sais que ce bonheur sera de courte durée. A cause de mon père je pourrais bientôt ne plus être heureux avec Lize, avec vous, avec ma mère.

    -          - Tu n’as pas un peu d’espoir maintenant ?

    -          - Si mais ce n’est pas de l’espoir , c’est l’envie de me battre pour pouvoir rester auprès d’elle.

    -          - Est-ce qu’elle sait ce que tu es ?

    -          - Non pas encore. Elle se doute de quelque chose. Elle se pose beaucoup de questions.

    Nous arrivions déjà sur le parking du lycée. Nous sommes allés un peu plus loin à un endroit où je pourrais la voir arriver. Je sentais qu’elle était toute proche. Je la vis enfin, elle cherchait quelque chose, elle me cherchait. Nos regards se sont enfin croisés et elle s’est dirigée vers moi. Je l’ai embrassé légèrement. Tess s’est mis à pousser de petits rires. Il va falloir un jour qu’on m’explique certaines réactions des jeunes filles humaines. Nos mains se sont jointes pour nous diriger vers les salles de cours. Au loin j’ai aperçu leur ami JD. Ça va être un choc pour lui lorsqu’il saura pour moi et Lize. Et j’ai vu son regard se poser sur nos mains jointes, son visage a changé d’expressions, il y avait beaucoup de colère. Je savais que Lize avait vu ces changements. Il a subitement fait demi-tour et il est parti brusquement. Je ressentais les sentiments de Lize, toute cette tristesse en elle.

    En me regardant elle sentit que j’avais les mêmes pensées qu’elle à cet instant.

    -          - Va, cours, rejoins-le. Il faut que tu lui parles.

    -          - Merci, me dit-elle en m’embrassant. Tess tu peux me couvrir si je ne suis pas en cours ?

    -          - Oui mais….

    -          - Non il faut que je vois JD seule.

    Je savais que c’était la seule chose à faire lorsque je l’ai vu s’éloigner. Elle devait le voir seule. Il fallait qu’elle lui explique comme je l’avais fait moi-même il y a quelque temps pour Evguénia.

    Mais il fallait que je sois près d’elle au cas où. Il fallait que je sache si tout se passerait bien.

    Je suis allé dans leur direction, vers le gymnase. Il était installé sur les gradins et Lize l’a rejoint.

    J’avais honte d’écouter leur conversation. On aurait pu croire à ce moment que c’était plutôt moi qui était jaloux, jaloux de ce garçon. Je savais qu’il était important pour elle, que c’était son ami. Mais je savais par expérience que la jalousie pouvait faire dire aux gens des choses méchantes et blessante.

    Je n’arrivais as à croire tout ce qu’il pouvait lui dire. Il me voyait comme ça arrogant et prétencieux. Je pense que oui. J’ai du mal à me lâcher, toujours l’impression que je dois tenir mon rang de prince. Alors dans ce monde je peux paraître comme ça. Mais ce n’est pas moi. Il lui a dit qu’il était amoureux d’elle. C’est bizarre comme l’histoire de Lize ressemble à la mienne.

    Il lui parlait maintenant avec tellement de haine que j’ai failli faire irruption pour lui mettre mon poing dans la figure. Je ressentais la peine de Lize, elle pleurait, j’avais mal. Il fallait que je reste caché. Lorsque j’ai regardé encore une fois il partait. Lize pleurait à chaudes larmes. Je voulais la consoler mais il fallait qu’elle affronte cela seule. C’était important pour elle, pour nous.

    Je l’ai vu s’éloigner, elle ne voulait pas qu’on la voit comme ça. Je ne me sentais pas le cœur à reprendre les cours mais il le fallait. Lize prenait le chemin de sa maison. Je lui enverrais un message ce soir pour savoir si elle allait bien. Ses pensées n’étaient que chagrin, tristesse et incompréhension.

    Tess était inquiète elle n’avait toujours pas de nouvelles de Lize. Mes amis se doutaient qu’il s’était passé quelque chose mais je n’avais pas à leur dire les détails et puis devant Tess c’était un peu compliqué.

    Tout d’un coup je me suis retrouvé encore une fois à genoux sur le parking du lycée alors que j’allais monter dans la voiture. Heureusement la plupart des élèves étaient déjà partis.

    Je n’ai pas cherché à être prudent je me suis mis à l’écart afin de pouvoir m’éclipser. Lize était en danger. Pourquoi était-elle au parc ? Je la croyais en sécurité chez elle.

    Non ce n’était pas possible cette fois on était en train de lui faire du mal, les ombres l’attaquaient. Je ressentais tout ce qu’ils pouvaient lui faire subir. Je ressentais sa peur. Elle savait qu’elle allait mourir et pris son courage à deux mains pour affronter les ombres.

    Non ! Je ne le tolèrerais pas.

    J’étais en colère. J’avais peur de la perdre. Ma lumière était de plus en plus puissante. Je repoussais les ombres et en même temps je prononçais des mots dans ma langue pour appeler à moi le vent afin qu’il m’aide à étendre mon halo de lumière le plus loin possible. J’ai réussi enfin à les faire disparaître. Lize il fallait que j’aille la retrouver, il fallait que je la prenne dans mes bras, voir si elle n’était pas blessée. Elle était là debout. Plus j’avançais et plus je distinguais sa silhouette.

    Je lui tendis les bras, elle avança vers moi en titubant. Elle n’avait plus de force. Je réussis à la rattraper au moment où elle s’évanouissait.


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    CHAPITRE  12

     

    Je suis un peu arrivé en avance au parc. Le banc sous le kiosque était libre, j’allais m’y installer.

    Je songeais à cette journée. Beaucoup de choses s’étaient passées. Je savais maintenant que JD voulait Lize et cela depuis longtemps. Je m’en suis rendu compte à sa façon de nous observer au réfectoire. Ça ne va pas être facile pour Lize de construire une relation avec moi si son meilleur ami me déteste. Je ne veux pas lui en parler, je ne veux pas influencer son jugement. Elle prendra ses propres décisions si elle veut être avec moi. Comme pour moi, je vais surveiller mes arrières avec Evguénia. Elle prépare quelque chose mais quoi !

    J’entendais des pas dans l’allée, c’était elle. Pourquoi était-elle bouleversée ?

    Je me suis levé à son approche et je lui ai pris la main. Je me suis permis de me pencher vers elle pour déposer un léger baiser sur sa joue. A cet instant j’ai entendu son cœur s’accélérer et le mien également. Je voulais aller plus loin, toucher ses lèvres de ma bouche. J’ai soutenu son regard, elle en avait envie également. Je lui ai souri et je l’ai emmené s’assoir sur le banc. Si je l’embrassais maintenant je ne serais plus capable de lui parler.

    -          - Dure journée ? lui demandais-je.

    -          - Pas dure, mais particulière.

    -          - Je t’avais promis que tous se passerait bien.

    -          - Oui sauf que ton amie Evguénia n’a pas l’air de nous apprécier.

    -          - Ne t’occupes pas de ce qu’elle pense, elle est comme ça avec tout le monde. Mais ton ami JD n’avait pas l’air de nous apprécier, enfin de m’apprécier.

    -          - Je suis désolée, je ne comprends pas ce qui lui arrive. Il est plus sociable d’habitude.

    -          - Je crois qu’il est jaloux. Il n’apprécie pas que tu vois un autre garçon.

    Je m’étais pourtant dit que je ne lui en parlerais pas. Je ne veux pas l’influencer. Mais il me faut rester franc avec elle surtout si elle me pose des questions sur Evguénia.

    -          - Mais c’est mon meilleur ami. Je le considère comme tel et ça ne changera pas.

    -          - Mais lui il veut peut-être que la situation change ?

    -          - Tu sais je peux te dire la même chose sur Evguénia. Elle me jette des regards qui me glace le sang et elle te regarde très souvent.

    -          - Sauf que moi je le sais. Evguénia est amoureuse de moi depuis longtemps maintenant mais ce n’est pas elle qui m’intéresse.

    -          - Elle est pourtant belle.

    -          - Sans doute mais pas autant que toi.

    Je voyais à son regard qu’elle jugeait ce que je venais de lui dire. Avait-elle des doutes sur mes paroles ?

    Je la sentais troublée. Elle avait un tas de mélanges d’émotions. J’aurais tellement voulu entrer dans ses pensées.

    Elle regarde intensément mes lèvres. Si tu savais comme j’aimerais à cet instant que tu diriges les tiennes vers les miennes.

    Il faut que je me ressaisisse encore une fois. Avec elle je dois me contrôler tout le temps. Ecoute ton cœur et prend ton temps.

    Je lui ai souri il fallait que nous changions de sujet de conversation.

    -          - Tu n’as pas des questions à me poser cette fois-ci ?

    J’aime la faire rougir comme en ce moment.

    -          - Ah oui ! Mais tu les évites le plus souvent. Est-ce que tu peux me parler des ombres ? Est-ce qu’elles sont dangereuses ?

    -          - Je vais essayer mais il y a encore des choses que je ne peux pas te dire, que oui les ombres sont dangereuses mais elles ne peuvent pas entrer dans ta maison ou autre habitation. Tant que tu es à l’intérieur elles ne peuvent rien te faire. Les ombres représentent le mal. Elles te veulent du mal et j’en suis désolé.

    -          - Mais pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Elles me veulent quoi ? Ma famille est-elle en danger ? me demanda-t-elle un peu paniquée.

    Je n’aurais pas dû lui dire tout ça maintenant. Pourquoi j’ai eu le besoin de tout lui déballer.

    -          - Chut ! Calme-toi ! Ta famille ne risque rien, seulement toi. Pourquoi ? J’ai peur de ta réaction si je te dis pourquoi.

    -          - Je préfère savoir.

    J’hésitais. Je ne voulais pas qu’elle me fuit. Mais elle devait se préparer à ce qui l’attendait et rester sur  ses gardes. Je la regardais dans les yeux peut-être pour la dernière fois et ça me rendait si triste.

    -          - C’est à cause de moi, lui dis-je désespéré.

    -          - Quoi ? s’écria-t-elle. Quel rapport ?

    -          - Elles savent que je t’ai choisi et elles veulent te détruire.

    J’avais du mal à parler, je sentais ma voix tremblée.

    -          - Tu m’as choisi ?

    -          - Oui.

    C’est ce moment là qu’elle choisit pour poser délicatement sa main sur ma joue et me caresser le visage. Malgré toute la tristesse que je ressentais j’étais le plus heureux des hommes.

    Sa main m’électrisait totalement. Elle s’est approchée, je n’osais pas bouger, j’avais peur de me réveiller et de voir qu’elle n’était plus là. Et pourtant elle était là, elle me regardait, s’approchait encore jusqu’à ce qu’elle dépose un baiser sur mes lèvres.

    Ce que je désirais avait enfin eu lieu, notre premier baiser. Il fallait qu’elle sache que j’en avais autant envie qu’elle. Je mis mon bras autour de sa taille qui était fine et délicate et mon autre main je l’ai placé sur sa nuque sous ses cheveux qui me caressaient délicatement la peau. Je l’ai tiré vers moi, je voulais sentir son corps contre moi. Et je l’ai embrassé, pas un simple baiser, un vrai et long baiser. Doucement, délicatement pour commencer afin de voir si elle en avait autant envie que moi. Mais lorsqu’elle a mis ses doigts dans mes cheveux alors j’ai su que je pouvais me fondre en elle avec fougue cette fois-ci. C’était mon premier vrai baiser et j’avais vraiment aimé les sensations que ça me procurait ainsi que celles que ça procurait à Lize, surtout lorsqu’elle ouvrit la bouche et que nos langues s’effleurèrent.

    Nous étions essoufflés, nos regards ne se détachaient pas l’un de l’autre. Je venais de m’apercevoir que la nuit était tombée, il devait déjà être tard. Je savais qu’il était temps de se séparer mais je n’en avais pas envie. Je désirais rester avec elle. Elle s’est levée, moi aussi. Nous étions un peu engourdis d’être resté aussi longtemps assis.

    -          - Est-ce que je peux te raccompagner ? lui demandais-je d’une voix douce.

    -          - Oui si tu veux. De toute façon mes parents ne sont pas là.

    -          - Tu ne veux pas qu’ils me voient ? lui demandais-je tristement.

    -          - C’est pas ça. C’est que tu es le premier garçon qui me raccompagne chez moi. Je ne sais pas comment ils vont le prendre.

    -          - Et tu va leur dire pour moi ? Parce que je compte bien venir te chercher tous les matins.

    -          - Non ! C’est impossible ! Pas maintenant. Laisse-moi un peu de temps, et puis il y a Tess.

    -          - Mais Tess n’est pas un problème, elle continuera à faire la route avec nous. Mais c’est d’accord je te laisse un peu de temps.

    Seulement un peu de temps. Il va falloir que les autres prennent la voiture d’Aldaron. Il faut que je pense à lui en parler ce soir.

    C’est main dans la main que nous sommes sortis du parc. Elle regardait les rares personnes que nous croisions mais ils ne nous regardaient même pas. Nous arrivions près de sa maison, je ressentais sa tristesse, elle non plus ne voulait pas me quitter.

    -          - Tu sais j’ai encore beaucoup de questions sans réponses.

    -          - Le contraire m’aurait étonné. Je pense qu’il va falloir que tu patientes encore un peu. Je ne veux pas que tu t’inquiètes, je veux seulement prendre le temps de t’expliquer les choses. Je te demande d’avoir confiance en moi. Je peux te promettre qu’un jour tu sauras la vérité, il ne peut en être autrement de toute façon.

    -          - Est-ce que cette vérité te fait peur ? me demanda-t-elle.

    -          - Oui. Lize tu ne l’as peut-être pas encore remarqué mais je me suis très attaché à toi. Et la vérité peut t’éloigner de moi.

    -          - Je….. je ne sais pas ce que je dois te dire. Pour l’instant je ne sais pas toute la vérité. Bien sûr je me pose des questions et j’ai peur de ce qui peut se passer surtout depuis que tu m’as dit que j’étais en danger. Ne peut-on pas tout simplement profiter de chaque instant pour le moment, parce que…

    -          - Parce que…. ? lui demandais-je doucement.

    -          - Parce que moi aussi je suis très attachée à toi.

    Elle est attachée à moi. Je n’ai pas pu m’empêcher de lui sourire. Je pris son visage dans mes mains et je l’ai embrassé tendrement. Elle venait de me faire sans le savoir le plus beau des cadeaux. Elle est mienne, nos destins étaient liés maintenant et pour toujours. Et tout naturellement parce que c’était ce qu’elle était maintenant vu mon rang , je lui dis.

    -          - A demain ma princesse.

    Je me suis éloigné en écoutant son cœur qui battait la chamade. Il me fallait reprendre mes esprits autant d’amour pour quelqu’un était impossible et pourtant je ne regrettais pas d’être venu dans ce monde pour que mes rêves deviennent réalité.

    Je suis rentré, les autres m’attendaient pour le repas. Mon oncle a remarqué quelque chose car lorsque nos regards se sont croisés il a souri. Ce qui m’a fait pensé à ce que je devais lui demander.

    -          - Aldaron est-ce que les autres pourraient prendre ta voiture pour aller au lycée ?

    -          - Oui. Pour combien de temps ?

    -          - Euh…. Et bien pour un long moment j’espère. Je voudrais aller chercher Lize et son amie Tess.

    -          - Elles ne peuvent pas y aller à pied ? dit sèchement Evguénia.

    -          - Tes sarcasmes commencent à m’énerver, lui répondit Aldaron. N’oublies pas pourquoi tu es là et surtout n’oublies pas à qui tu parles. C’est la première et dernière fois que je te fais la remarque Evguénia. Jusqu’à présent je n’ai pas voulu m’en mêler mais là vois-tu, tu commences à aller trop loin.

    Elle demanda à mon oncle si elle pouvait prendre congé. Il accepta et on entendit une porte claquée.

    -          - Tu peux me dire à quoi tu pensais lorsque tu as accepté qu’elle nous accompagne ? Elle déteste les humains en général et Lize en particulier.

    -          - Je voulais qu’elle comprenne par elle-même que je ne pourrais jamais être avec elle et …

    -          - Et quoi ? Tu as encore beaucoup à apprendre mon neveu. Les femmes peuvent être de redoutables ennemies si elles sont poussées par la jalousie.

    Il nous laissa là tous les trois. Soren et Edwald ne disaient rien. Le silence était pesant.

    -          - Edwald je suis vraiment désolé. Je vois bien que tout le monde souffre à cause de moi. Si je pouvais revenir en arrière lorsque nous étions tous les quatre insouscients et heureux je le ferais.

    -          - Mais si tu le faisais tu n’aurais jamais rencontré Lize. Et je vois bien le changement que ça opère chez toi. Et puis je commence à apprécier ce monde. Pour Evguénia c’est moi seul que ça regarde tu n’y es pour rien.

    Nous nous sommes séparés tôt. Je pense que comme moi tout le monde voulait se retrouver seul dans sa chambre. Dans l’autre monde jamais nous étions seuls si souvent. C’est vrai que j’aimais me ressourcer dans ma cabane perchée en haut des arbres mais il n’y avait pas une journée où nous n’étions pas ensemble. Nous aimions ce monde, le lycée, les humains, c’était vraiment nouveau. Mais depuis que nous sommes ici nous recherchons de plus en plus la solitude. Je pense que c’est de ma faute, j’aime être seul pour pouvoir me connecter à Lize.

    Un coup retentit sur la porte de ma chambre. C’était Soren.

    -          - Je peux te parler ?

    -          - Oui. Tu sais bien que je suis toujours disponible pour vous. Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?

    -          - Et bien. Je voudrais savoir si je pourrais t’accompagner pour aller chercher Lize et Tess.

    -          - Voudrais-tu me voler ma petite amie par hasard ? lui dis-je en souriant.

    -          - Non. Tu sais bien qu’elle ne voit que toi. J’aimerais bien faire un peu plus connaissance avec Tess.

    -          - Je m’en doutais un peu. Mais tu as dû remarquer que Tess n’a d’yeux que pour Edwald.

    -          - Oui. Je sais, me dit-il tristement. Mais peut-être que si elle me connaissait un peu mieux.

    -          - Et bien je ne vois pas d’inconvénients pour que tu viennes avec moi.

    En voilà au moins un qui était heureux. Lorsqu’il est sorti de ma chambre il souriait bêtement. J’espère qu’il n’aura pas de déception, il y a trop de gens malheureux autour de moi.

    Après avoir pris ma douche, je me suis allongé sur mon lit, mes pensées vagabondaient encore vers Lize, vers nos baisers.

    Bizarrement je ressentais encore plus ses humeurs. Je pouvais presque deviner clairement ses pensées. Elle était anxieuse à ce moment. Elle voulait faire quelque chose qui l’a rendait nerveuse. Je fermais les yeux, j’essayais de penser encore plus intensément à Lize, jusqu’où pourrais-je aller. Ça y est j’y étais, elle voulait parler de moi à ses parents. C’était fascinant !

    J’étais vraiment pressé de la revoir demain au lycée. Pressé de pouvoir lui prendre la main et même la prendre dans mes bras.

    Je pris machinalement mon boitier, il y avait un message.

    J’ai parlé de toi à mes parents.

    Lize.

    Je ne voulais pas lui répondre oui je sais je l’ai vu dans tes pensées.

    Je pris mon bloc bleu et écrivit.

    Merci.

    Bonne nuit ma princesse.

    Je ressentais son cœur battre si fort à moins que ce ne soit le mien.

     


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    CHAPITRE  11

     

    Je me suis levé tôt. J’ai demandé à mes amis de venir me rejoindre au salon. Evguénia me fixait je crois qu’elle devinait de quoi nous allions parler.

    -          - Je voulais vous dire qu’hier j’ai rencontré Lize. Nous avons parlé, du moins nous avons fait connaissance. Je vais donc vous présenter à elle tout à l’heure au lycée. J’aimerais pouvoir passer plus de temps avec elle et je vous demanderais également d’être aimable avec ses deux amis Tess et JD.

    -          - Y’a pas de problèmes pour moi, me dit Soren. Mais ça je m’en doutais un peu de sa part.

    -          - Je suis obligée d’assister à ça ? me dit Evguénia.

    -          - Tu m’avais fait une promesse c’était la condition pour que tu viennes avec nous. Maintenant si tu ne veux pas être aimable c’est ton problème. Mais attention à ce que tu dis ou ce que tu fais devant Lize.

    Sur le chemin qui nous menait au lycée je me demandais si j’avais tout sous contrôle. Il faut que je positive tout se passera bien. Nous nous sommes postés à un endroit où j’étais sûr qu’elle passerait avec ses amis. D’ailleurs je voyais déjà son ami JD qui allait à leur rencontre.

    Tiens, il leur proposer d’aller au cinéma samedi soir. C’est son jour de congé. C’est vrai j’avais presque oublié qu’il travaillait chez Christopher.

    Nous nous sommes approchés, je me demandais quelle serait leur réaction.

    -          - Bonjour Lize.

    Elle a été surprise d’entendre ma voix et s’est retournée brusquement. Elle me fixait. Son ami JD n’avait pas l’air de comprendre, il ne devait pas être au courant de notre petit rendez-vous de la veille.

    -          - Bonjour, me dit-elle enfin.

    Elle rougissait encore, ça devenait une habitude lorsqu’elle me rencontrait. Je voulais toucher cette joue rosit par tant d’émotions. Bon il faut que je me lance je lui ai promis que tout se passerait bien.

    -          - Je tenais à te présenter mes amis. Voici Edwald, Soren et Evguénia.

    Les garçons leur ont fait un signe de la main en leur souriant tandis qu’Evguénia égale à elle-même s’est contentée d’un signe de tête.

    -          - Bonjour, leur dit Lize. Et voici mes amis Tess et JD.

    Son amie Tess est ravie de faire notre connaissance enfin je dirais qu’elle est ravie de faire la connaissance d’Edwald vu l’attention qu’elle lui porte. Mais ça n’a pas l’air de plaire à son ami JD, je n’aime pas du tout le regard qu’il jette à Lize. Il faut que je dise quelque chose avant que nous allions en cours, mais quoi. Je n’avais pas l’habitude de me mêler aux humains et je ne savais pas ce qu’ils faisaient dans ces cas là.

    -          - Je voulais aussi vous demander si vous accepteriez que l’on se joigne à vous au réfectoire ?

    -          - Pas de problèmes, répondit Tess en regardant toujours dans la direction d’Edwald qui ne faisait pas du tout attention à elle.

    -          - Max, dépêche-toi, coupa Evguénia. Tu sais bien que je déteste arriver en retard.

    Je me doutais qu’elle montrerait son mauvais caractère à un moment ou à un autre. Subtilement elle essaie de faire comprendre aux autres que je suis sa propriété. C’est peine perdue j’ai déjà dit à Lize que je n’étais pas avec elle. En y songeant je suis heureux qu’elle m’est posée  cette question.

    -          - A tout à l’heure, rajoutais-je en la regardant avant de m’éloigner vers le bâtiment principal.

    J’entendais leur conversation JD n’était pas content, il haussait la voix en leur demandant des explications. Lize lui parle de notre rendez-vous et…. Elle lui dit que je lui plais. Je souriais, les autres me regardaient, ils devaient me prendre pour un fou. Evguénia faisait la grimace, elle aussi avait entendu ce qu’ils se disaient. Lize est bouleversée, je ne veux pas qu’elle se fâche avec ses deux seuls amis à cause de moi.

    Mais déjà la sonnerie des débuts des cours retentissait et tout le monde courait pour ne pas être en retard.

    La matinée fut longue. Je n’écoutais pas spécialement les cours. Je n’attendais qu’une chose la retrouver tout à l’heure. Je voulais que tout soit parfait mais comment ? C’est la première fois que nous sommes en total autonomie dans ce monde. Nous allons faire parti d’un groupe comme tout ceux que l’on voyait ici se réunir au lycée ou lorsqu’il faisait beau sur les pelouses. Je les observais, ils riaient, discutaient, chahutaient. Ils étaient insouscients et heureux. Parmi eux beaucoup flirtaient. Je voulais que ça se passe comme ça pour nous aussi, du moins je l’espérais.

    Nous sommes arrivés les premiers au réfectoire. Ça tombait bien je voulais faire en sorte que Lize soit en face de moi. Nous avons choisi une grande table. Evguénia a voulu s’assoir à côté de moi mais vu mon regard elle s’est abstenue et est allée s’installer plus loin. Je savais qu’elle avait pris une place où elle pourrait regarder Lize. Edwald et Soren avait laissé une place vide entre eux deux. Tess ne va pas manquer l’occasion de s’installer à cette place.

    Les voilà enfin. JD s’est dirigé vers moi. Je comprenais ce qu’il voulait faire alors j’ai fait signe à Lize pour qu’elle vienne en face de moi. Son ami n’était pas très content alors il a coupé l’herbe sous le pied de Tess en allant s’installer entre Edwald et Soren. Tess lui a lancé un regard qui voulait dire qu’elle aura une explication avec lui un peu plus tard. Notre réunion commençait mal. Je me suis rendu compte que tout le monde nous regardait. Ça leur paraissait bizarre que l’on se mélange avec d’autres élèves. En y réfléchissant c’est vrai que nous n’avons jamais fait l’effort de faire parti d’une autre groupe que nous quatre. Mes amis avaient du succès auprès des filles, je pense que ça les amusait de rester mystérieux.

    Je me doutais qu’il y en avait qui me regardait intensément mais je ne désirais qu’une seule fille, celle qui s’installait à ce moment même en face de moi. Et j’avais assez de problèmes avec Evguénia pour en ajouter d’autres.

    Nous gardions tous le silence, ça devenait embarassant.

    Soren engagea  tout d’un coup la conversation. Ouf ! Merci mon ami. Et en plus il essaie de s’intéresser à JD le plus réfractaire, en lui parlant de la piscine. Je sentais que Lize se décontractait elle aussi était reconnaissante à Soren. Et  au bout de quelques minutes nous parlions comme tous les autres groupes que j’avais pu observer, surtout des cours, du lycée, mais c’était un bon début.

    Pendant ce temps je pouvais regarder Lize sans me cacher. De son côté elle n’osait pas me regarder et pourtant je désirais tellement que ses yeux verts se plongent dans le bleu intense des miens.

    Je voulais un autre rendez-vous avec elle, la voir seule. Au moment de partir je me suis mis derrière elle. Le parfum de ses cheveux me sautait au visage et mettait en alerte tous mes sens. Je me suis penché vers son oreille et lui ai chuchoté.

    -          - Je t’attends tout à l’heure au même endroit à 16 heures.

    Elle me fit un signe d’ acquiescement avec la tête et alla rejoindre ses amis.

    C’est le cœur battant que j’ai rejoint les miens pour nos derniers cours de l’après-midi.

     


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