• Chapitre 64

    Il existe un autre monde.

    Sur la route qui la menait chez son fils, Maminette réfléchissait au meilleur moyen de lui parler. Elle savait sa belle fille plus réceptive au surnaturel. Elle connaissait bien les légendes et avait une passion pour celles de Russie peut-être à cause de son métier de traductrice.

    Mais là elle va les confronter à une étrange réalité.

    Elle savait que ça ne serait pas facile. Il faut qu’elle y aille doucement. Il fallait qu’elle réussisse, il le fallait pour sa petite fille.

    Elle voyait déjà leur maison, son fils s’occupait de ses fleurs. Il leva la tête lorsqu’il remarqua la voiture qui se garait dans son allée. Maminette descendit et lui demanda de s’occuper de tous les bagages.

    -         -  Lize n’est pas avec toi ?

    -          - Tu sais comment sont les filles de cet âge-là ? Insouciantes, pressées… mais je retourne les chercher demain matin.

    Elle savait qu’il était déçu de ne pas voir sa fille après deux semaines d’absences mais elle n’avait pas eu le choix.

    -          - Andrew, est-ce que Sarah est là ?

    -          - Oui, elle prépare ta chambre. Entre je m’occupe des valises.

    Sarah est charmante. Elle descendit pour l’accueillir et elle regretta également que Lize ne soit pas là.

    Après un rapide déjeuner, Maminette et Sarah sont monter pour vider les bagages.

    -          - Sarah, il faut que je vous parle de quelque chose.

    -          - Je m’en doutais. Ça me préoccupe depuis ton coup de téléphone. Je sais que tu adores Lize et je sais que ta présence pour sa remise de diplôme est légitime mais il y a autre chose n’est-ce pas ? Tu n’es pas malade ?

    -          - Non, ne t’inquiètes pas. J’ai une santé de fer. Mais tu as raison il y a autre chose. Et j’ai besoin de toi.

    -          - Tout ce que tu veux. Dis-moi ce que tu attends de ton unique belle-fille ?

    -          - Je sais que tu as déjà fait beaucoup pour moi. Je me souviens que c’est grâce à toi que j’ai pu reprendre une relation avec Andrew et je t’en suis reconnaissante.

    -          - Je venais d’apprendre que j’étais enceinte et mes parents étaient morts depuis longtemps. Alors quand j’ai enfin appris de la bouche d’Andrew que notre enfant avait quelque part une grand-mère je ne pouvais pas rester sans rien faire.

    -          - C’est pour ça que j’ai besoin de toi encore une fois, pour que tu aides ton mari à comprendre et accepter certaines choses. Il est temps d’aller le retrouver. Je prends ce petit carnet et j’arrive.

    Ils étaient tous les trois réunis dans le salon. Andrew était tendu et Sarah lui tenait la main. Maminette avait tenu à s’assoir face à eux. Elle expliqua qu’elle avait certaines vérités à dévoiler sur ses absences de la maison lorsque son fils était plus jeune.

    Andrew lui dit que c’était une vieille histoire et qu’il ne fallait pas que ça la préoccupe.

    -          - Pourquoi remettre ça sur le tapis maman ? Tu es malade ? Tu es venue nous faire tes adieux….

    -          - Chut ! Calme-toi. Je vais très bien je te le jure. Laisse-moi une chance de t’expliquer. Tout d’abord je vais vous demander de lire les pages que j’ai marqué dans ce carnet.

    -          - Ce n’est pas celui que tu as donné à Lize à Noël ? lui demanda Sarah.

    -          - Oui c’est bien lui. Je vais vous demander de lire sans poser de questions avant la fin. Promets-moi Andrew de ne pas t’énerver, tout ce que j’ai noté dans ce journal est la pure vérité.

    Sarah et Andrew se rapprochèrent l’un de l’autre afin de pouvoir lire en même temps. Maminette les regardait avec anxiété. Le visage de Sarah prenait plusieurs expressions, ça pouvait aller de l’angoisse à de l’amusement. Elle lui faisait penser à Lize lorsqu’elle lui racontait des histoires de princesses et de monstres pour s’endormir. Celui d’Andrew ne changeait pas, son front était plissé il exprimait la colère.

    -          - Maman, si c’est une blague ça ne me fait pas rire. Tu crois que je vais croire à tes sornettes. Etre seule ne t’a pas arrangé, il te fallait inventer un monde à toi ?

    -          - Chéri, tu as promis de ne pas t’énerver. Essayons d’en discuter et laisse ta mère nous donner sa version.

    -          - Merci Sarah. Andrew est-ce que tu ne peux pas ouvrir un peu ton esprit ? Ce que vous avez lu ne sont pas les fables d’une vieille dame dérangée. Rassure-toi j’ai encore toute ma tête. Ton père savait qui j’étais mais nous n’avons pas le droit de le dire ça nous est interdit. Il m’avait fait la promesse de ne le raconter à personne pas même à toi. J’étais ce qu’on appelle dans l’autre monde une gardienne.

    -          - Une gardienne ? J’ai déjà vu ce nom dans quelques légendes. Les gardiens soignent les êtres surnaturels et ont un peu un rôle de conseiller lors de conflits entre les espèces. C’est bien ça Magguy ?

    -          - Non mais tu ne vas pas rentrer dans ses délires.

    -          - Andrew ce n’est pas un délire. Beaucoup de peuples croient à tout ça. Les légendes ne sont que des histoires mais elles cachent souvent la vérité. Beaucoup de pays du nord de l’Europe sont persuadés que des créatures comme les loups-garous, les fées, les vampires ou les elfes ont existés ou existent encore. C’est une réalité, beaucoup de spécialistes se sont penchés sur certaines croyances, sur certaines  superstitions  qui se perpétuent encore aujourd’hui.

    -          - Ecoute Sarah, je ne mets pas ta parole en doute mais là quand même c’est un peu dur à avaler. Maman pourquoi tu nous le dis maintenant alors que tu viens de nous préciser que cela t’es interdit de le dévoiler ?

    -          - Parce que c’est important que vous le sachiez. Et cela pour plusieurs raisons que je vous apprendrais au fur et à mesure de notre discussion. Et puis j’ai fait une demande et l’on m’a autorisé à tout vous raconter.

    -          - En quoi ça nous concerne ?

    -          - Ça vous concerne parce que vous êtes les parents de Lize.

    -          - Qu’est-ce que Lize à avoir là-dedans ? Qu’est-ce que tu lui as mis dans la tête ? Qu’elle peut devenir une gardienne comme sa grand-mère. Non mais je délire, je vais me réveiller. Sarah, tu ne dis rien ? Elle a monté la tête à notre fille et tu ne dis rien.

    -          - Maintenant ça suffit Andrew, assieds-toi, lui dit sèchement Sarah. Maggy qu’est-ce qu’il se passe ? Il est arrivé quelque chose à Lize et c’est pour ça qu’elle n’est pas là ?

    -          - Calmez-vous Lize va bien. C’est moi qui lui ai demandé de ne pas rentrer avec moi pour qu’elle puisse me laisser du temps pour vous parler. Et Andrew je te jure que je n’ai pas monté la tête à Lize. Je vais essayer de vous expliquer.

    Maminette expliqua tout d’abord qu’il existait bien des êtres surnaturels et que pour des raisons évidentes ils ne se montraient que rarement aux êtres humains. Elle regarda Sarah et lui confirma que les vampires, les loups-garous, les fées et les elfes existaient bien, ainsi que d’autres créatures assez méconnues dans notre monde. Voyant qu’ils étaient réceptifs surtout Sarah, elle leur parla tout particulièrement des elfes et de la prédiction.

    -          - Maximilien, lâcha Sarah.

    -          - Tu es très intuitive, lui dit Maminette. Oui Maximilien est bien un elfe.

    -          - Et bien sûr Lize le sait.

    -          - C’est impossible. Il nous ressemble, il va au lycée, il conduit une voiture.

    -          - Andrew réfléchit un peu. Tout est clair maintenant. Il a de très bonne manière, il sait énormément de choses sur les plantes, les fleurs. Les elfes sont très proches de la nature. Mais Magguy si il est le prince de la prédiction ça veut dire que Lize est la jeune fille dont on parle également ?

    -          - Oui Sarah.

    Elle leur raconta ce que la reine Célébrian avait essayé de faire pour empêcher la prédiction et que c’était peut-être un peu de sa faute si Lize y avait été mêlée. Elle n’aurait jamais dû partager son bonheur d’être bientôt grand-mère.  Maminette avait compris ce qui se passait que le jour de Noël mais elle n’avait su la vérité que lorsque Lize et Tess ont débarqué chez elle pour les vacances. Elle leur apprit que Maximilien et Lize avait un lien très fort et que leur destin était scellé, c’était pour ça que lorsqu’il a été enlevé elle était si mal.

    Elle reprit toute l’histoire, l’enlèvement, Lize et ses amis qui avaient compris ce qui s’était passé, ils avaient appris que l’on cachait Max non loin de chez elle et avaient décidés d’aller le libérer car impossible de prévenir la police vu les circonstances.

    -          - Mais ils sont fous. Ils voulaient le libérer ? Une poignée de gamins ! Du délire !

    -          - Tu les as aidés Magguy ? demanda Sarah.

    -          - J’ai dû leur apprendre la vérité à mon sujet mais ils étaient déjà au courant au sujet des gardiens car l’un d’eux les accompagnait. Il s’agit de Christopher.

    -          - Le patron de la Cafet ? Depuis quand Lize le savait-elle ?

    -          - Depuis l’enlèvement de Maximilien. C’est lui qui l’a poussé à aller vers Christopher par la pensée.

    -          - Par la pensée ? de mieux en mieux.

    -          - Chéri s’il te plait, arrête ! C’est ça le lien dont tu nous parlais ? Ils peuvent se parler par télépathie ? Mais comment ? Elle n’a jamais eu de telles prédispositions.

    -          - Euh ! Normalement c’est plutôt à Lize de vous apprendre certaines choses.

    -          - Oh ! dis Sarah, je vois.

    -          - Quoi ? Tu vois quoi ?

    -          - Je crois que notre fille et bien comment te le dire….. enfin tu vois un garçon, une fille, ils s’aiment et puis….

    -          - Tu veux dire que notre fille n’est plus vierge ?

    -          - Voilà, lança Sarah soulagée que son mari ait compris où elle voulait en venir.

    -          - Je vais avoir une explication avec eux, crois-moi Sarah ça ne va pas se passer comme ça.

    -          - Je crois que tu oublies mon chéri l’âge de ta fille et l’âge que nous avions lorsque nous nous sommes rencontrés. Je suis tout à fait d’accord avec toi il va falloir que nous ayons une discussion avec ces deux jeunes gens mais ta réaction est un peu excessive même si je sais que c’est encore ta petite fille et que tu veux la protéger. Magguy tu m’as dit que tu retournais chercher Lize demain matin ? Est-ce que ce serait possible de prendre Maximilien en passant ?

    -          - Oui bien sûr. Je pense que ça peut s’arranger.

    Maminette se retira pour aller se reposer mais surtout elle voulait leur laisser du temps pour discuter de tout ce qu’ils venaient d’apprendre. Sarah la rattrapa dans le couloir.

    -          - Merci de nous avoir tout raconté. Mais Lize est-elle en danger ?

    -          - Oui. Mais il y a beaucoup de monde qui la protège et elle a le meilleur garde du corps Maximilien.

    -          - Il y a encore des choses que l’on doit savoir ?

    -          - Oui mais cette fois-ci il faut mieux que ce soit votre fille qui vous le dise.

    -          - Une dernière question, demanda-t-elle tout bas. Lize est-elle en ce moment avec Max ?

    -          - Oui, chuchota Maminette, mais Tess et les deux amis de Max sont avec eux également.

    Elle pivota et retourna s’assoir auprès de son mari.

     


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  • Chapitre 63

    C’est si bon de se retrouver tous les deux.

     

    Tess avait téléphoné à son père mais nos projets tombaient à l’eau, ils devaient partir quelques jours dans la famille de sa nouvelle femme. Maminette a cependant accepté de nous laisser passer la journée et la nuit chez les garçons. Il fallait vraiment qu’elle parle à mes parents et ne voulait pas de notre présence. Elle viendrait nous chercher dans la matinée afin de nous expliquer la situation. J’étais à la fois tendue et excitée de passer la nuit dans les bras de Maximilien. Il avait senti mes humeurs du moment et j’ai vu qu’il avait les mêmes pensées. Edwald était parti avec Maminette, les garçons voulaient rentrés de leur côté et ont loué également  une voiture. D’ailleurs comment aurions-nous fait pour caser six personnes et leurs bagages dans une seule voiture ?

    Maminette nous déposa devant la maison de Maximilien, enfin de son oncle.

    Tess était aux anges et j’ai compris qu’elle aussi attendait sans doute cette nuit avec impatience.

    Soren et Maximilien nous ont aidé pour nos bagages, enfin pour ceux de Tess qui était obligée de tout  garder  alors que moi je n’ai pris que le nécessaire.

    Edwald était parti faire quelques courses car il n’y avait plus rien dans le frigo après autant de temps d’absence. Je pense aussi que c’était un moyen pour lui de ne pas être trop souvent en contact avec deux couples d’amoureux.

    Max m’a conduit dans sa chambre. Il mit mon nécessaire de toilette dans sa salle de bain. Toutes les chambres de cette maison avaient-elles leur salle de bains ou ce n’était qu’un privilège lié à sa condition ?

    J’ai pris le temps de tout regarder, de passer mes doigts sur tout ce qui lui appartenait. Il me regardait intensément.

    -          - Qu’est-ce que j’ai fait ?

    -          - Rien ma princesse, je te regarde prendre possession des lieux, et j’aime ce que je vois. J’aime avoir ma femme à mes côtés.

    Cette fois-ci il s’était rapproché. Il était derrière moi et m’enlaçait la taille. Il s’est penché, a poussé mes cheveux pour m’embrasser dans le cou. Il m’a tout d’un coup soulevé pour m’emmener sur le lit là où nous rêvions d’être tous les deux avec tant de hâte.

    Lorsque nous sommes sortis de la chambre il n’y avait personne à l’horizon. Nous sommes sortis dans le jardin. C’était la première fois que je prenais le temps de le regarder. Il y avait beaucoup de couleurs, beaucoup d’odeurs, s’en était ennivrant.

    L’oncle de Maximilien, Aldaron, avait acheté une immense propriété. Je me demandais jusqu’où elle s’étendait.

    -          - Ton oncle fait quoi dans la vie pour pouvoir acheter une telle demeure ?

    -          - Elle n’est pas tout à fait à mon oncle, elle est à la famille royale. Elle lui appartient comme elle appartient à ma mère et à moi. Et évidemment par ton mariage avec une personne royale elle t’appartient aussi.

    -          - Non ! Je ne crois pas ! Et puis je ne suis pas officiellement ta femme .

    -          - Dans mon monde si ! Mais puisqu’on en parle lorsque tout sera terminé nous officialiserons les choses dans ton monde, et après un hésitation il rajouta, enfin si c’est ce que tu veux également.

    -          - Mon père va nous tuer !

    -          - Si ça ne te fais rien il y a assez du mien qui veut me soumettre à sa volonté.

    -          - Max ce n’est pas le moment de blaguer.

    -          - Je suis sérieux ma princesse. J’essaie seulement d’avoir de l’espoir. Tu sais pour moi tu es ma femme parce que c’est un fait dans mon monde et qui est maintenant un peu le tien vu notre lien. Je veux juste que ce soit plus facile pour toi et ta famille.

    -          - Nous allons attendre demain matin pour la réaction de mes parents et ensuite nous prendrons le temps d’en reparler. Et puisque l’on parle de ton père, si nous réussissons à faire échouer la prédiction est-ce que tu repartiras parmi ton peuple ? Il faut vraiment que je le sache.

    -          - Si tu veux rester dans ton monde, je resterai avec toi. Seulement si tu réagis comme avec mes pouvoirs il te faudra quitter Bothell car tu ne vieilliras plus.

    -          - Mais ce n’est pas une certitude !

    -          - Tu as raison. Nous ne savons pas jusqu’à quel point tu vas nous ressembler. Mais je sais aussi que nous avons eu la bénédiction de la nature et je ne crois pas qu’elle te laissera vieillir prématurément en sachant que ce serait ma perte.

    Je ne pouvais pas accepter que Maximilien meurt un jour à cause de moi, à cause de son amour pour moi. Et pourtant de mon côté j’étais prête à mourir pour le sauver, pour le garder près de moi. J’avais quelques questions qui me trottaient dans la tête. Je savais que Max les devinait mais il ne m’en parlait pas. Je crois qu’il attendait que je les lui pose directement mais surtout il voulait me laisser le choix de mes pensées, de mes actes. Celle qui me venait régulièrement était de savoir si Max était tué je mourrais de chagrin comme un elfe ? Une chose est sûre je n’envisageais pas l’avenir sans lui. Et si je vieillis comment il pourrait encore m’aimer lorsqu’il aura atteint l’âge de 20 ou 25 ans éternellement alors que moi je prendrais l’apparence d’une femme de 50 ou 60 ans qui s’afficherait avec son « gigolo ». ça me dégoutait rien que de l’imaginer.

    Maximilien s’arrêta et se mit devant moi. Il mit sa main sous mon menton et leva ma tête afin que nos regards se croisent.

    -          - Je ne peux pas te laisser avoir toutes ses idées, ma princesse. Jusqu’à présent je ne voulais pas intervenir. Je voulais que tu sois libre de tes pensées. Mais là c’est comme si tu me lançais des grenades et qu’elles explosaient autour de moi. Si vraiment toutes ses questions te préoccupent il y a une solution pour que tu es tes réponses.

    -          - Laquelle ?

    -          - Il nous faut aller dans mon monde et rencontrer la grande prêtresse. Elle sait des choses et elle peut voir l’avenir mais très rarement.

    -          - Tu sais bien que ce n’est pas envisageable pour le moment, nous avons beaucoup de choses à faire. Je dois connaitre tes pouvoirs et apprendre à me servir des miens s’il s’avère que j’en ai. Ma priorité te sauver. Viens, rentrons, allons voir si Edwald est rentré je commence à avoir très faim.

    Mais il n’avança pas. Cette fois-ci c’est moi qui me positionnait devant lui. Il avait l’air fâché. Tiens encore une facette que je ne connaissais pas. Je lui ai souris, j’ai mis ma main dans ses cheveux au-dessus de sa nuque et j’ai fait en sorte que mes lèvres se délectent des siennes.

    A son tour il m’enlaça et m’embrassa avec fougue. J’avais réussi à chasser sa mauvaise humeur et les miennes avaient pris un autre chemin.

    Il  se mit à rire.

    -          - Je croyais que tu avais faim, ma princesse ?

    Et c’est main dans la main que nous sommes rentrés.


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  • Chapitre 62

    Les vacances sont terminées

     

    Les vacances se terminaient. Nous avons aidé Maminette à tout remettre en ordre dans la maison. La pauvre ça faisait pratiquement quinze jours que sa maison ne désemplissait pas.

    Depuis le jour où nous avions été libérer  Max, nous n’avions plus revu les ombres. Aucun nuage noir à l’horizon. Ce qui nous a permis de retrouver l’insouciance de nos 17 ans.

    Maminette avait téléphoné à mes parents. Ils ont été très étonnés de voir qu’elle voulait s’installer chez eux jusqu’aux grandes vacances. Ça ne lui ressemblait pas. En général, elle ne quittait sa maison que deux ou trois jours pour Noël. Maintenant que je savais qui elle était je me demandais si elle ne rendait pas visite à quelques vieux amis et qu’elle n’était pas si casanière qu’elle voulait nous le faire croire. Pour se justifier elle leur a dit qu’elle voulait être présente pour les examens et la remise de diplômes de son unique petite fille. Mon père a demandé l’heure de notre arrivée pour venir nous chercher à l’aéroport mais Maminette lui a dit que comme cette fois-ci elle restait pour plusieurs semaines, elle louerait une voiture.

    J’appréhendais mon retour. Je ne savais pas jusqu’à quel point Maminette dirait la vérité. Une chose était convenue c’est de ne rien dire sur le jour maudit du 21 juin.

    Les journées sont passées rapidement. Nous nous amusions énormément. Jamais je n’oublierai ces vacances. C’était la première fois que je me retrouvais avec un groupe d’amis. Auparavant les vacances étaient pour moi le signe de la solitude. Là nous étions cinq jeunes gens espiègles et bourrés d’énergie qui ne demandait qu’à rire et s’amuser.

    Tess et Soren étaient plus amoureux que jamais et faisaient quelques petites escapades avec la voiture de ma grand-mère.

    Edwald lui aussi s’amusait. J’aurai bien voulu le remercier de m’avoir sauvé la vie mais nous avions besoin d’oublier un moment cette histoire, la réalité nous rattrapera bien assez vite.

    Max et moi avions beaucoup de mal à nous séparer même pour quelques heures. Tous les jours nous nous sommes levés tôt pour partir tous les deux  à l’endroit où était planté le vieux chêne. C’était un endroit magnifique. Le soleil qui traversait les branches rendait le lieu magique. Personne ne s’aventurait par ici, l’endroit était toujours désert.

    La première fois que j’ai emmené Maximilien c’était parce qu’il me l’avait demandé. Il voulait remercier le vieil arbre pour ce qu’il m’avait donné.

    Nous nous sommes approchés tous les deux et posés nos mains sur son tronc. A cet instant nous avons été entourés d’une lumière puissante mais pas aussi destructrice qu’au manoir. Celle-ci était plutôt bienfaitrice. Un léger vent tournait autour de nous. Nous nous sommes regardés à cet instant nous avons su que la nature bénissait notre union. Assis au pied du vieux chêne, je me suis blottie dans les bras de Max, ma tête non loin de son cœur.

    -          - Je suis tellement heureux d’avoir retrouvé ma liberté.

    -          - Je te comprends. Je me demande encore comment tu as pu résister à toutes ces souffrances. Je pouvais les ressentir c’était atroce.

    -          - Je sais ma princesse. Mais tu vois nous sommes différents de vous. Nous supportons la douleur beaucoup plus que les simples humains. En tant normal si nous souffrons, si on nous torture ou si on nous attaque nous perdons beaucoup d’énergie mais la nature nous ressource et notre faiblesse n’est que de courte durée. Dans mon cas je n’avais aucun moyen de me ressourcer étant donné que j’étais enfermé sous terre et donc je m’affaiblissais de plus en plus et les souffrances étaient de plus en plus puissantes. Ce n’est pas un moyen de nous tuer tu le sais déjà mais c’est le moyen de nous faire plier psychologiquement afin d’accepter de nous soumettre à un maître. Et c’est cela que l’on m’aurait fait subir jusqu’à l’arrivée de mon père. Mais tu m’as permis de tenir, d’espérer, et tu es venue me chercher au péril de vos vies.

    -          - Ma vie n’est rien sans toi, il fallait que je te retrouve. Et puis j’ai été très entourée ça m’a énormément aidé. Max, est-ce qu’elle est vraiment morte Evguénia ?

    -          - Oui. Elle a été transpercée par une épée elfique, elle ne pouvait pas s’en sortir. De toute façon elle ne pouvait plus faire marche arrière, elle était du côté du mal.

    -          - Edwald doit beaucoup souffrir ?

    -          - Il a fait son choix. Il a prêté serment pour nous protéger. Et il t’a sauvé. Je ne le remercierai jamais comme il le mérite, il restera mon ami et non mon garde personnel.

    -          - Ta mère ne t’a rien dit de grave avant de partir ?

    -          - Ah ! Je savais que cette question te trottait dans la tête. Non ma princesse rien de grave. Juste des petits conseils pour être prudents jusqu’à son retour. Et puis elle veut que je te montre comment te défendre et que je t’apprenne tout ce qui concerne mes pouvoirs puisque tu as bénéficié des mêmes que moi. Elle veut  que les chances soient de notre côté face à mon père et surtout le surprendre par notre lien.

    -          - Est-ce que tes pouvoirs peuvent détruire ?

    -          - Certains oui c’est pour ça que tu dois apprendre à les maîtriser. Nous commencerons à notre retour à Bothell lorsque nous aurons un peu plus d’intimité.

    -          - Oui j’ai hâte.

    -          - Tu as hâte d’apprendre à te défendre ?

    -          - Non j’ai hâte de retrouver notre intimité, lui dis-je l’embrassant.

    -          - Oh ! Cette intimité là ! Moi aussi j’ai hâte ma princesse.

     


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  • Chapitre 61

    Retour à une vie normale

    Je me suis réveillée par l’odeur de café et de chocolat qui venait de la cuisine. Quelqu’un nous avait recouvert d’une couverture. Avant de me lever je déposais de légers baisers sur les lèvres de celui que j’avais enfin  retrouvé. Il était encore légèrement endormis mais il répondait à mes baisers.

    Quelqu’un toussa dans la pièce. Oups ! Nous n’étions pas seuls ! C’était la reine Célébrian. Elle a ris en voyant nos airs gênés d’avoir été pris en faute.

    -          - Je suis vraiment désolée de vous déranger dans un moment pareil mais j’attends depuis un certain temps que vous sortiez du sommeil.

    -          - Un problème maman ?

    -          - Non. Reste tranquille. Il faut juste que je reparte chez nous et je voulais vous dire au-revoir. Il faut que je mette mes affaires en ordre avant de revenir m’installer avec toi à Bothell. Comme tu le sais le jour de ton anniversaire arrive à grand pas et si nous voulons anéantir les projets de ton père il serait plus judicieux que je sois près de toi. Lize, je suis heureuse de te connaître et j’espère pouvoir passer plus de temps avec toi mais dans de meilleures circonstances. Ne doute pas de l’amour réel que vous avez tous les deux, et malgré la situation et l’inquiétude qui pèse sur mon fils je sais qu’il t’aime et qu’il est heureux. Prenez soin l’un de l’autre. Maintenant si tu le veux bien est-ce que je pourrais parler seul à seul à mon fils ?

    -          - Bien sûr. Je vous souhaite un bon voyage. Et …… moi aussi je suis contente de vous connaître.

    Je me suis dirigée vers la cuisine alors que Max et sa mère sortaient dans le jardin. Maminette m’accueillit avec un sourire et s’est approchée pour m’enlacer.

    -          - Comment te sens-tu mon trésor ?

    -          - Bien. Je suis soulagée et heureuse.

    -          - Je vois ça. Mais ne crois pas que je vais accepter de te voir partager le canapé toutes les nuits avec un garçon ma petite fille, me dit-elle en me souriant.

    -          - Merci pour la couverture.

    -          - Je me suis levée cette nuit. Je voulais être certaine de ne pas avoir rêvée et que tu étais bien là saine et sauve. Mais lorsque je suis rentrée dans ta chambre il n’y avait personne dans ton lit et j’ai été prise d’angoisse. Je suis allée au salon et je vous ai vu tous les deux endormis, vous ne vous êtes même pas lâchés pendant votre sommeil. Je n’ai pas eu le courage de vous réveiller.

    -          - Oh Maminette, je suis vraiment désolée de tout ce qui t’arrive, pour tous les soucis que je te donne.

    -          - Ça va aller mon trésor. Allez viens déjeuner. Max va venir te rejoindre ?

    -          - Pas tout de suite, je le crains. Il est avec sa mère dans le jardin. Ils ont des choses à se dire avant qu’elle ne reparte chez elle.

    -          - Elle m’a dit qu’elle allait s’installer à Bothell. Et d’ailleurs à ce sujet moi aussi j’ai  à te parler. Je voulais attendre mais comme nous sommes seules nous allons en profiter pour avoir une discussion sérieuse.

    Elle avait pris un air grave. J’espère qu’elle ne va pas me demander de ne plus voir Maximilien. De toute façon elle sait maintenant que ce n’est plus possible.

    -          - Après les vacances, je rentre avec toi chez tes parents.

    -          - Quoi ? Mais qu’est-ce que tu vas leur dire ? Et puis tu as ta vie, tes amis, tes habitudes,…

    -          - Oui mais à Bothell ils n’ont plus de gardiens pour l’instant et j’ai promis à Christopher de veiller sur vous tous. Je sais que la reine va venir s’installer avec Maximilien mais en attendant vous serez seuls. Aldaron doit repartir avec Célébrian pour pouvoir reprendre des forces suite à sa blessure. Pour tes parents ma petite fille il va être temps de leur dire quelques vérités.

    -          - Ce n’est pas possible, Maminette. Tu sais comment est papa. Il vient tout juste d’accepter Maximilien.

    -          - Ton père c’est d’abord mon fils et j’en fais mon affaire. Je vais juste faire en sorte que tu ne sois pas là. Nous leur dirons que je t’ai déposé avec Tess pour passer la journée avec sa famille et que tu rentreras le lendemain matin.

    -          - J’espère que tu vas réussir. Je ne voudrais pas à avoir à choisir entre mes parents et Maximilien. Tu sais qui je choisirai Maminette, il ne peut en être autrement. Ça me déchirerait le cœur, j’adore maman et papa, mais ma vie, mon destin sont liés à Max.

    -          - Je le sais mon trésor. Mange. Nous reparlerons de tout ça plus tard. Profites de tes vacances s’il te plait, amusez-vous.

    C’est à ce moment là que choisit Tess pour apparaître dans la cuisine. Maminette nous déposa nos chocolats et des cookies. Au fur et à mesure de notre petit déjeuner nous reprenions nos habitudes, nos fou-rires. Ça faisait du bien de revenir à la réalité enfin réalité n’est pas le terme exacte pour exprimer ce que je voulais dire. Plutôt redevenir insouciantes et heureuses comme deux jeunes filles venues passer  leurs vacances chez une grand-mère aimante.

    Soren et Edwald sont venus nous rejoindre. Notre bonne humeur a dû être communicative  car il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que les rires et les blagues résonnent dans la pièce.

    Je levais soudain les yeux, Max était appuyé contre l’entrée de la cuisine, il nous regardait et souriait. Nos regards se sont croisés et il est venu nous rejoindre.

    -          - Je crois que je vais vous laisser, nous dit Maminette. Autant de chahut ce n’est plus de mon âge. N’oubliez pas de tout ranger et tout nettoyer.

    Elle quitta la pièce en riant. Je pense que nous avions tous besoin de ce moment de détente et de bonheur après la journée de la veille. C’était le moyen de revenir à une vie normale.


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  • Chapitre 60

    Premier bilan.

     

    Ma grand-mère se tenait debout devant l’entrée de sa maison. A ses côtés , la reine Célébrian et Tess.

    Maminette était toute décoiffée et avait ses mains sur son cœur.

    Je suis descendue de la voiture en tenant la main de Maximilien, mais lorsque ma grand-mère m’a tendu les bras je n’ai pas pu m’empêcher de courir pour aller m’y réfugier.

    Tess ne savait pas si elle devait pleurer ou rire, je crois que finalement elle a fait les deux et a couru dans les bras de Soren. Maximilien me suivait de près et s’est incliné devant sa mère avant que celle-ci lui caresse le visage et l’embrasse tendrement.

    Nos mains ont retrouvés leur chemin pour se joindre et nous sommes entrés à l’intérieur. Dans le salon se trouvait déjà Aldaron et Edwald. Ils attendaient Gus avant de faire un résumé de la journée et un bilan de la situation. Maminette proposa que l’on aille se changer en attendant. Heureusement pour tout le monde ma grand-mère avait deux salles de bains. Une à l’étage et une autre qu’elle avait fait installer lorsqu’elle avait décidé de n’utiliser que le bas de sa maison.

    Nous nous sommes retrouvés au salon, Gus était là. Il était si triste. Quelque chose n’allait pas, il n’avait plus l’air aussi sûr de lui.

    Je me suis assise sur le canapé bien évidemment à côté de Maximilien, Tess de l’autre côté avec Soren. Christopher était debout un peu en retrait avec Aldaron, Maminette et Célébrian sur l’autre canapé. Gus s’était recroquevillé dans un fauteuil, il ne nous regardait pas.

    -          - Quelles sont les nouvelles Gus, demanda Célébrian.

    -          - Nous avons perdu deux membres de la meute et un autre est blessé. J’aimerai retourner là-bas très rapidement, c’est ma compagne qui est blessée et j’aimerais retourner à ses côtés. Je voudrais demander au gardien s’il voudrait m’accompagner pour la soigner.

    -          - Bien sûr, lui dit Christopher. C’est mon rôle et je resterais aussi longtemps qu’il le faudra. Etant donné que dans cette maison il y a un autre gardien je pars l’esprit tranquille, elle soignera la blessure légère du frère de la reine.

    -          - Merci.

    -          - Gus, je suis vraiment désolée pour vos amis, et j’espère que votre compagne s’en sortira. Est-ce que je peux savoir comment ils ont péris, lui demandais-je inquiète.

    -          - Les ombres se sont acharnées sur nous, pour eux nous étions les plus vulnérables. Elles les ont bousculés et poussés jusqu’à ce qu’ils fassent une chute mortelle. Si elles s’étaient transformées en démon nous aurions eu une chance d’en tuer quelques uns. Hélas, ils sont restés sous leur apparence de fantôme noir. Je voulais en profiter pour te remercier Aldaron pour t’être mis devant une ombre afin de me sauver. J’espère que ta blessure n’est pas trop grave.

    -          - Non, elle est superficielle. Mais tu n’as pas à me remercier. Vous êtes venus à notre aide pour sauver le prince et nous devions vous protéger. Nous aurions tellement voulu en faire plus mais nous n’étions pas assez nombreux pour vous mettre sous la protection de nos halos de lumière.

    J’étais malgré tout soulagée, j’avais tellement craint que ce soit Max et moi qui les avions tués par l’explosion de la maison. Grâce à leur lumière la reine et son frère avaient réussi à repousser un peu les ombres. Les gardes étaient positionnés en cercle pour que la ville de Devils Lake ne voit pas ce qui se tramait non loin de chez eux et avaient créé une espère de bulle magique.

    Edwald nous a expliqué qu’étant  en arrière il avait vu Evguénia se faufiler derrière moi afin de pouvoir créer la surprise. Il avait senti au plus profond de lui qu’elle était sur le point de me transpercer la gorge et a préféré agir avant qu’il ne soit trop tard.

    Maximilien lui a dit qu’il lui serait éternellement reconnaissant pour m’avoir sauvé. Il a profité d’avoir la parole pour nous raconter ce qu’il avait subi et il avait senti que nous étions là. Mais Evguénia avait entendu les loups et elle est sorti de la cellule. Il n’avait aucun moyen de savoir où elle était et avait fait le choix de ne pas communiquer avec moi. Il essayait de se concentrer sur ma présence jusqu’au moment où il m’a vu franchir la porte et une seconde plus tard j’avais un couteau pointé sur le cou.

    Ils ont demandé d’où venait la puissante lumière qui a tout détruit sur son passage. Nous leur avons dit que c’était lorsque nous nous étions enfin retrouvés dans les bras l’un de l’autre. Nous avons ressenti un tel bonheur que nos sentiments ont pris beaucoup d’ampleur.

    Tout le monde nous a regardé et il a été décidé qu’il faudrait en reparler très prochainement. Le seul point positif c’est que notre lumière restait blanche ce qui voulait dire que nous étions restés du côté du bien.

    Gus et Christopher prirent congés. Nous devions nous revoir très vite car si nous avions libéré Maximilien il n’était pas sauvé pour autant.

     

    Maminette n’avait pas pris la parole. Je crois que cette journée avait été très éprouvante pour elle. Malgré cela elle a passé la soirée à nous regarder Max et moi. Elle jugeait nos sentiments, sans doute pour savoir si elle avait fait le bon choix le jour où elle avait dit à Célébrian qu’elle allait être grand-mère. Elle m’a souri, j’avais son consentement. Elle nous souhaita une bonne nuit, la reine et Aldaron également. Edwald était parti depuis un moment. Tess, Soren, Max et moi nous sommes restés au salon. Nous ne pouvions pas parler, nous restions silencieux. Je pense que nous étions soulagés de retrouver celui ou celle que l’on aimait. Tess et Soren ont fini par quitter la pièce. Je ne voulais pas quitter Max et je sentais que lui non plus. Nous nous sommes allongés sur le canapé et nous nous sommes endormis l’un contre l’autre épuisés mais heureux.

     


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